Étant dans la réalité des mouvements migratoires accrus, les sociétés s’acclimatent, à leur façon, aux arrivées ou aux départs de populations distinctes. Encore aujourd’hui, certaines structures politiques viennent brimer les droits universels de la personne en empêchant des personnes de sortir et/ou d’entrer d’une frontière. Dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’article 2 stipule qu’il ne doit y avoir « aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté. » (ONU, 1948) Bien que cette déclaration soit dite universelle, il est irréfutable de dire que certains États, par l’entremise de leurs dirigeants, ne la respectent pas. En effet, certains pays comme la Corée du Nord, régime totalitariste, retire à sa population « […] le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et [d’y] revenir […] ». (ONU, 1948, Article 13)

Le cours d’Idéologies et régimes politiques propose trois définitions au mot politique. Dépendamment du déterminant utilisé pour désigner ce nom, il a une différente signification. En premier, la politique est définit comme « l’action politique [qui est de] participer activement à des discussions, à des débats, à des conflits qui sont d’intérêt public. […] [C’est donc de] participer à la dynamique, à la vie de la Cité et tenter d’influencer la gouverne. » (Boudreau et Perron, 2016, p.164) Ensuite, le politique

est propre aux êtres humains qui consiste principalement […] à vivre […] en État. Le phénomène politique [est abordé sous deux angles] : un groupe de personnes (l’angle sociologique) organisé (l’angle institutionnel) qui doit faire face à des réalités ou des problèmes [exigeant que des décisions soient prises]. (Ibid., p.165)

Finalement, une politique est l’ « […] ensemble des principes qui orientent les prises de position ou les attitudes d’un acteur politique. » (Ibid.)

En faisant référence à ces trois différentes définitions, il est important de bien les distinguer et de les relier. Les relations de pouvoir entre les acteurs d’une société (dirigeants et citoyens) mènent à des décisions qui serviront à diriger et à organiser celle-ci. Des règles et des lois seront mises en vigueur afin de délimiter et encadrer chaque secteur d’activité. Tout ceci est fait dans le bien commun afin de gérer les conflits des sociétés. Cependant, certains dirigeants vont prendre le monopole de toutes ces facettes du mot « politique » et viendront brimer les droits universels de l’homme, supposément inaliénables. En lien avec la thématique, les politiques de migrations vont beaucoup changer d’un pays à l’autre, d’un gouvernement à l’autre. Les plus conservateurs vont jusqu’à fermer complètement les frontières de leur pays alors que d’autres, plus libéraux, vont ouvrir la porte à la différence culturelle. L’histoire et l’évolution derrière chaque pays et chaque peuple déterminent, d’une certaine façon, le régime politique et la manière de gouverner qui leur est propre. Les forces au pouvoir peuvent entretenir de différentes relations avec leurs citoyens. Ils peuvent tenter une approche idéologique, soit d’influencer les idéaux d’autrui ou essayer plutôt une approche comportementale, soit de contrôler les actions d’autrui. (Lafortune, 2017) Certains États font l’aliénation totale de leur société, leur imposant une façon de penser et d’agir. Les idéologies vont de l’extrême gauche à l’extrême droite. Des régimes politiques tels que le communisme, la démocratie parlementaire, la dictature ou bien la monarchie constitutionnelle proposent chacun des modes de gouvernance distincts et représentant la ligne directrice du pays dans lequel il est en vigueur. Dans certains cas seulement, il est probable que des injustices reliées à la légitimité du pouvoir se perpétuent au fil du temps. Il continue encore d’y avoir des dominations politiques qui ne respectent aucunement ce que des années de révolution et de répression ont, en vain, réussi à faire changer. C’est aussi souvent pourquoi des gens vont migrer ou tenter de migrer afin d’échapper à un destin déjà déterminé pour eux. Ils vont à la poursuite d’une chance pour de meilleures conditions de vie qui seront immuables. Les motifs personnels sont abondants.

Ensuite, le cours de sociologie apporte des explications concernant le volet relationnel du phénomène des migrations. En effet, chaque société a ses particularités. Avec l’augmentation des mouvements migratoires, une problématique de choc des cultures fait apparition. Ceci est très familier pour les nouveaux arrivants et la société qui les reçoit puisque les sociétés ont des valeurs, des rites, des traditions et des comportements qui sont totalement contraires aux leurs. Les normes sociales, « […] l’ensemble de règles de comportement ou d’attentes précises provenant de la société » (Campeau et al., 2008, p.117), viennent influencer les actions ou les comportements des sociétés. Les normes agissent à titre de points de repère et reposent sur des valeurs et idéologies communes à une société. Les sociétés évoluent, changeant les normes, dans le courant historique. C’est alors, qu’un immigrant, arrivé dans une toute nouvelle société, celle-ci constamment en mouvement à la poursuite d’évolution, vient se heurter à un mur. Il peut s’être informé du fonctionnement, des caractéristiques propres à la société ou encore certaines attentes auxquelles se conformer, mais il reste de multiples règles non-écrites, implicites, propres à cette population, qui lui sont inconnues. C’est à ce moment que l’exclusion peut facilement apparaître. L’immigrant, face à des cultures très différentes, tente de faire un équilibre entre ses valeurs du pays d’origine et celles du pays d’arrivée. La culture, ayant un certain pouvoir coercitif (Drolet, 2017), vient beaucoup agir sur le comportement d’autrui. Selon Charles Wright Mills, le bonheur représente la possibilité de vivre selon ses valeurs et celles promues par la culture. (1959. p.5) Lorsque ses valeurs sont menacées, l’immigrant passe au travers d’une épreuve personnelle et inquiétante, se faisant souvent exclure de son groupe collectif.

Afin de se forger une identité et de contrer l’exclusion, il est à l’immigrant de se familiariser à la culture de son nouveau territoire. L’exclusion peut s’exprimer de façon à créer une séparation entre, par exemple, les classes sociales soient les riches et les pauvres ou bien entre la société d’accueil et les immigrants. Ces derniers n’arrivent pas à se forger à un nouveau groupe d’appartenance. Il est primordial pour le migrant de connaître la culture puisqu’

[elle] offre des repères précis pour agir selon des traditions, des savoir-faire et des normes sociales qu’elle juge importants. [Elle] permet en effet la création et l’établissement d’une communauté en cimentant les individus sur la base des liens affectifs communs à ce groupe. (Campeau et al., 2008, p.118)

C’est en ayant une meilleure connaissance de la culture dans laquelle il se lance qu’un nouveau migrant peut s’adapter et s’intégrer plus rapidement. La culture permet la cohésion sociale ainsi que la prévision et la compréhension des comportements d’autrui. (Drolet, 2017) L’arrivant se sentira inclus dans la société qui l’accueille. Avec les migrations qui se font mondialement, les immigrants ont une part à jouer dans leur processus d’intégration mais la société d’accueil en est aussi responsable. Ces relations auront un grand rôle à jouer dans les liens qui unissent les acteurs de toute cette réalité.

MÉDIAGRAPHIE

Boudreau, Philippe et Claude Perron. Lexique de science politique. 4e édition. P.164-165. Montréal :Chenelière Éducation, 2016.

Campeau, Robert et al. « Les multiples influences de la culture ». In Individu et société : Introduction à la sociologie., p.107-126. Montréal : Chenelière, 2009.

Drolet, Richard. « La culture ». In Perspectives sociales sur le Québec. Longueuil : Hiver 2017.

Lafortune, Ariane. « Définition de politique ». In Idéologies er régimes politiques. Longueuil : Hiver 2017.

Mills, C.W. « L’imagination sociologique ». In La Découverte/Poche. P. 5-26. Paris : Maspéro. 1959.

Organisation des Nations Unies. « La Déclaration universelle des droits de l’homme ». In Nation Unies. En ligne. s.d. <http://www.un.org/fr/universal-declaration-human-rights/>. Consulté le 28 janvier 2018.