Dans l’étude des questions migratoires, les disciplines qui me semblent les plus pertinentes sont la sociologie et la politique. Celles-ci permettront d’explorer les enjeux importants qui entourent cette problématique.

La sociologie

D’après l’Université de Montréal, « [la] sociologie est l’étude des relations, actions et représentations sociales par lesquelles se constituent les sociétés. Elle vise à comprendre comment les sociétés fonctionnent et se transforment » (Université de Montréal). Cette discipline permet la compréhension des interactions entre les migrants et les sociétés dans lesquelles ils évoluent. Pour comprendre la manière par laquelle s’intègrent les nouveaux arrivants, il est indispensable d’étudier les relations que ceux-ci entretiennent avec les membres et les institutions de la communauté d’accueil, ce que permet la sociologie. Selon Lefrançois, la sociologie favorise aussi une approche globalisante dans la compréhension des êtres humains (Lefrançois, 2017). Contrairement à la psychologie, qui étudie en profondeur un individu, cette discipline se penche sur des phénomènes globaux, s’appliquant à des groupes de personnes. Elle permet donc de tirer des conclusions plus générales qui s’appliquent à un plus grand nombre. Le concept de norme en sociologie se prête bien à l’analyse du thème de l’immigration. Selon Angers, les normes constituent un ensemble de règles qui guident la façon dont un individu se conduira dans une société donnée (Angers, 2013, p.68). Ainsi, les normes sont au cœur du processus d’intégration d’un immigrant. Elles varient grandement d’une société à l’autre, ce qui peut constituer un obstacle pour les nouveaux arrivants. Les règles à suivre, ce qui est acceptable ou ce qui ne l’est pas, diffèrent selon les cultures et les modes de vie. L’intégration d’un immigrant sera probablement influencée par le degré d’intériorisation des normes de la société qui l’accueille. D’après Lefrançois, le non-respect des normes peut occasionner des sanctions. Celles-ci peuvent aller de la désapprobation de la part des autres membres de la société, jusqu’à l’emprisonnement (Lefrançois, 2017). De cette façon, un migrant qui connait et respecte les normes de sa société d’accueil court un moins grand risque d’être sanctionné. Il est donc moins probable qu’il soit victime d’exclusion dans son nouveau pays.

La politique

Par la suite, la politique permet aussi une meilleure compréhension des phénomènes migratoires. Selon Coipel, cette discipline se définit comme étant l’« [u]tilisation du pouvoir par une personne ou une structure organisée, pour influer sur le comportement d’un groupe » (Coipel, 2017). L’organisation politique d’un pays joue un rôle important dans le processus d’immigration. Les autorités au pouvoir mettent en place les lois et mécanismes qui encadrent les migrants à leur arrivée. Elles prennent aussi en charge les politiques concernant l’intégration. La politique est une discipline importante car l’analyse du fonctionnement d’un État peut influencer la façon dont sont approchés les enjeux migratoires. La notion la plus pertinente de cette discipline, pour l’étude des mouvements migratoires, est celle d’idéologie. D’après Coipel, une idéologie est un ensemble de convictions et de perceptions du monde qui permet de mettre en œuvre un projet de société. Les idéologies peuvent être positionnées sur un axe gauche-droite. La gauche favorise l’intervention de l’État et l’égalité des humains, alors que la droite privilégie le libre-marché et accepte la présence de hiérarchies (Coipel, 2017). De cette façon, le positionnement d’un État sur l’axe gauche-droite peut influencer les critères de décision pour l’admission au pays. Les mesures mises en place afin d’encadrer l’intégration des nouveaux arrivants risquent de différer aussi selon l’idéologie. Le fait de connaître l’idéologie adoptée par un État permet de mieux comprendre les motivations derrières les décisions concernant l’immigration.

Liens interdisciplinaires

La sociologie et la politique sont toutes deux interreliées. Pour découvrir le fonctionnement des sociétés et retracer leur évolution, l’analyse des régimes politiques est incontournable. Par les règles et les idées que ceux-ci imposent, ils façonnent les interactions des individus. Le type de régime politique change aussi les rapports des individus avec les institutions de leur communauté. Bon nombre de normes dépendent aussi des idéologies. Les normes formelles, sont en fait des règles écrites selon Lefrançois, qui comprennent les lois imposées par les gouvernements (Lefrançois, 2017). L’idéologie d’un État a donc un impact important sur les normes auxquelles doivent se soumettre les individus en société. Ainsi, un régime plutôt à gauche aura tendance à imposer plus de régulation aux entreprises qu’un régime à droite. Par contre, il punira généralement moins sévèrement les contrevenants à la loi. Les normes imposées et les sanctions appliquées varient donc selon l’idéologie.

La combinaison de plusieurs approches permet d’obtenir une vue d’ensemble du thème de la migration et des enjeux qu’il comporte.

 

Médiagraphie

Site Web

Université de Montréal. « Qu’est-ce que la sociologie? » In Université de Montréal. En ligne. s.d. <http://socio.umontreal.ca/departement/quest-ce-que-la-sociologie/>. Consulté le 29 janvier 2018.

Livre

Angers, Maurice. « Notre identité : la théorie interactionniste et la socialisation ». In Se connaître autrement grâce à la sociologie, p. 60-83. Montréal : Fides, 2013.

Notes de cours

Coipel, Olivier. « Introduction à la science politique ». In Idéologies et régimes politiques (Longueuil, 26 janvier 2017).

Coipel, Olivier. « Les Idéologies ». In Idéologies et régimes politiques (Longueuil, 16 février 2017).

Lefrançois, Maxime. « Introduction à la sociologie ». In Sociologie du Québec (Longueuil, 31 janvier 2017).

Lefrançois, Maxime. « Deux exemples d’analyse sociologique ». In Sociologie du Québec. (Longueuil, 7 février 2017).

Image

Wikipédia. « Kurdish refugees ». In Wikipedia: The Free Encyclopedia. En ligne. 9 février 2018. <https://en.wikipedia.org/wiki/Kurdish_refugees>. Consulté le 11 février 2018.