Il est connu que l’Europe est un continent où il y a de grands mouvements migratoires, encore plus depuis quelques années. L’analyse de ces mouvements migratoires est une tâche qui s’avère tellement vaste qu’elle peut s’opérer à l’aide de toutes les disciplines de sciences humaines. En effet, pour expliquer ces mouvements il est possible de se référer aux enjeux historiques auxquels les pays d’origine ont été confrontés ou encore aux politiques actuelles des gouvernements de ces pays. D’un autre côté, plusieurs facteurs tels que la situation économique ou la position géographique expliquent pourquoi certains États sont des territoires que les migrants cherchent à atteindre. De plus, tout cela concerne les États, mais il est possible de se concentrer davantage sur les conditions des migrants, ce qui ouvre encore davantage de perspectives d’analyse. Pour commencer, deux disciplines sont très pertinentes : la politique et la géographie.
Le mot politique est assez difficile à définir à cause de sa vastitude, mais il peut se résumer comme étant une activité qui consiste à gérer les affaires publiques. Il faut toutefois noter qu’une condition essentielle à la politique est la présence d’adversaires, soit d’autres personnes qui ne sont pas en accord avec une façon de diriger et s’opposent en proposant d’autres mentalités. (Provost, 2017). Peu importe le gouvernement au pouvoir, il a assurément une ligne de pensées qui guide sa prise de décisions et cela exerce une énorme influence sur la situation des migrants avec les États, que ce soit celui qu’ils quittent ou celui qu’ils rejoignent. En ce qui a trait à la géographie, il s’agit d’une science étudiant les différents phénomènes se produisant sur la surface de la Terre, que soit des phénomènes physiques ou humains (Fournel, 2016). L’intérêt de cette science réside dans le fait qu’elle offre plusieurs manières différentes de diviser la carte du monde, que ce soit par les frontières politiques des États, par la température ou encore l’altitude. Cela offre une nouvelle vision du phénomène migratoire, comme par exemple avec la fameuse division Nord/Sud du monde qui fait réaliser que la plus grande quantité des mouvements migratoires s’effectue entre États se situant au Sud.
Un concept de la politique qui est sans aucun doute particulièrement lié aux mouvements migratoires en Europe est les idéologies. Une idéologie peut être définie simplement comme étant un discours associé à une action politique (Provost, 2017). Un gouvernement va donc justifier ses actions en les attribuant à une idéologie. L’intérêt de se concentrer sur ce concept est de pouvoir observer des liens entre la manière dont est géré l’afflux de migrants dans un pays et l’idéologie du gouvernement. Il est notamment possible de venir à la conclusion qu’un gouvernement plus conservateur aura sûrement tendance à leur fournir moins de ressources et d’aide puisque l’État se veut naturellement moins présent pour le peuple. Un État de cette nature risque davantage de fermer ses frontières et d’accepter moins de migrants qu’un État plus socialiste. Un exemple de cela est les États-Unis qui, depuis l’arrivée de Trump à la présidence, ont décidé d’expulser beaucoup de résidents haïtiens maintenant jugés illégaux, alors qu’ils étaient auparavant acceptés par le gouvernement Obama qui était plus socialiste.
Sachant cela, il est possible d’établir des liens avec la géographie, surtout avec la géopolitique. Cet aspect de la géographie se concentre davantage sur le territoire des États et comment celui-ci influence leur politique. Il est donc question des frontières des pays et de l’impact que leurs caractéristiques vont exercer sur les décisions de l’État (Fournel, 2017). Par exemple, un pays plus grand aura probablement plus d’espace pour accueillir des migrants, à moins qu’une partie de son territoire se situe sur des endroits moins habitables (comme le Canada par exemple). Il faut aussi noter l’importance de la proximité des pays avec ceux qui sont aux prises avec des vagues de départ. En effet, après que les gens aient décidé de quitter leur pays, ils doivent bien se diriger quelque part et c’est donc principalement les États voisins qui vont les accueillir ou, du moins, voir les migrants passer sur leur territoire pour aller ailleurs. Cet afflux de migrants oblige les gouvernements à adopter de nouvelles politiques pour gérer tous ces nouveaux arrivants et toutes les décisions prises reviennent donc en lien avec la sphère politique.
La politique et la géographie sont donc deux disciplines très importantes dans l’analyse des mouvements migratoires en Europe puisqu’elles permettent d’établir un large éventail de causes poussant les gens à quitter leur pays ainsi que de conséquences que leur arrivée exerce sur les États qui les accueillent. Elles offrent aussi des points de vue complémentaires sur la situation des migrants ce qui donnent une très bonne base sur laquelle travailler ce qui les rend incontournables.