Politique

Parler d’immigration implique qu’un pays se doit de « faire des choix collectifs, de gérer les conflits et les rapports de pouvoir et de structurer le tout par des règles, des mécanismes et des institutions qui régissent la vie collective » (Paquin, 2017).

La vie collective ne suppose pas une homogénéité d’un point de vu idéologique. Afin de pouvoir comprendre le phénomène des mouvements migratoires en Europe, il est primordial de saisir les grandes lignes politiques dirigeant le discours social européen. Sans contexte politique, il est impossible d’avoir un portrait juste de la société actuelle car la réalité québécoise diffère de celle en France par exemple. Certes, il peut y avoir des ressemblances, mais le contexte politique d’un pays offre un regard plus critique et précis face aux enjeux migratoires auxquels ce pays doit faire face.

Le nationalisme d’un pays d’accueil fait écho à ces enjeux, lui qui  devient souvent plus sensible à la question migratoire. L’extrême droite étant un amalgame de courants idéologiques nationalistes disparates, il serait sage de comprendre les grandes tendances et fondements de ces mouvements pour résister au clivage simple mais incomplet que peuvent en faire les médias. Cela permet de mieux comprendre la « la dialectique entre les nationalismes et les identités présentes au sein d’un territoire donné » (Audette et Blanc, 2017). Les discours sociaux peuvent jouer sur les positions qu’adoptent les politiciens, et la politique touche directement les mesures prises face aux mouvements migratoires.

Le concept de citoyenneté

Il existe deux visions de la citoyenneté qui reposent sur le concept de nation. La première est dite civique, qui fait fit du lieu de naissance ou de l’origine des parents de la personne concernée. Le droit à la citoyenneté ne devrait être qu’une « volonté de vivre en commun, de former une entité sociopolitique » (Paquin, 2017). Cette conception se heurte à celle ethnique, qui est beaucoup plus stricte et imperméable. D’après la conception ethnique, un lien héréditaire est de mise car l’appartenance à une nation se transmet génétiquement. La conception ethnique ne peut donc pas « se modifier selon le contexte de vie d’un individu » (Paquin, 2017). Cela vient évidemment créer des tensions avec la réalité d’un migrant qui souhaite s’intégrer à un nouveau pays. La conception ethnique de la nation va souvent faire surface dans la réthorique anti-immigrante.

Histoire

Puisque les mouvements migratoires sont une « constante de civilisation » (Audette et Blanc, 2017), les réactions face à ces mouvements sont donc équivalents historiquement. L’histoire est la discipline choyée pour évaluer la faune complexe qu’est devenu le paysage actuel d’un pays.

Sans contexte historique, on ne peut conserver un regard objectif sur le présent. En s’identifiant trop à notre réalité, on oublie qu’elle n’est qu’un fragment au sein d’une longue et ardue genèse de l’être humain (Simard, Tanguay et al., 2016). Comprendre l’histoire nous sauverait de jugements hâtifs et surtout de beaucoup d’incompréhension, car le présent n’est-il pas le fruit laborieux de ce qui nous a précédés?  Que ce soit par l’histoire des migrations ou l’histoire de la politique française, il est incontournable de s’informer sur le bagage culturel d’un pays. Peut-être pour y trouver des réponses ou du moins des questions directrices pertinentes. Il ne suffit pas de concevoir un parti pro-immigration et un parti anti-immigration : ces positions en cachent plusieurs, et chacune peut trouver leurs explications dans l’histoire des idéologies d’un pays.

Les Grandes Révolutions

Les fondements nationaux et démocratiques de l’Europe se sont mis en place lors du 18e siècle jusqu’au 20e (Guyot, 2017). L’identité française prend alors socle et va se déterminer pour ensuite mieux se raffiner en cause de ces révolutions successives. Le nationalisme auquel peut parfois se heurter les tentatives d’ouverture en matière d’immigration provient d’un passé chargé de sens pour plusieurs. La source des débats identitaires semble nous mener à l’éclosion des partis politiques suite à la Révolution Française. Pour être en mesure de bien saisir les enjeux identitaires que peuvent susciter les mouvements migratoires, revisiter les racines idéologiques du nationalisme (français en particulier) pourrait nous éclairer.

Médiagraphie

Monographie

Blanc, «  Aux frontières de l’Europe: entre migrations et exclusions ». In Démarche d’intégration des acquis. Hiver 2018.

Conférences

Paquin, « Notes de cours 1 ». In Idéologies et Régimes Politiques. Automne 2017.

Guyot, « Cours 12: Les Grandes Révolutions  ». In Initiation à l’Histoire Occidentale. Automne 2017.

Image

(2009). Eiffel Tower [Image en ligne]. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Eiffel_Tower_7.jpg