Aux frontières de l’Europe : Entre migrations et exclusions

Phénomène probablement aussi ancien que l’humanité elle-même, la migration dure depuis longtemps et s’accentue particulièrement de nos jours en Europe. L’immigration a toujours existé et existera toujours en raison du fait qu’à l’origine des civilisations, les hommes ont voyagé et migré vers de nouvelles terres par nécessité ou par désir d’aventure. Afin d’analyser ce mot de vocabulaire désignant un déplacement volontaire d’individus ou de populations d’une région dans une autre (Morand, 1930, p.188), il serait intéressant préalablement d’identifier et d’isoler deux des plus pertinentes disciplines des sciences humaines concernant ce terme en vue de la réalisation d’un projet de fin d’études.

Géographie

La démographie

La géographie est une discipline qui a pour objet principal l’étude des phénomènes physiques et humains se produisant sur le globe terrestre (Université de Montréal, 2017). Cette discipline à la croisée de nombreux domaines s’harmonise parfaitement avec le propos de la migration en raison du fait qu’elle permet de comprendre l’organisation spatiale de ce phénomène. Autrement dit, la migration est, en 2018, au centre des réflexions géographiques, car suite à de multiples déplacements d’êtres humains, les hommes ont conçu diverses sphères de la géographie qui permettent d’en savoir plus sur la migration, la géographie culturelle, la géographie historique, la géographie économique, etc. Toutefois, parmi tous ces concepts prometteurs, on retrouve une notion extrêmement utile en ce qui concerne la migration, il est ici question d’une étude quantitative et qualitative des populations portant sur des thématiques telles que la natalité et la mortalité (Massé, 2016) soit la démographie. Pour tout dire, la population mondiale à ce jour est d’environ 7 milliards de personnes et les scientifiques estiment qu’en 2050, la population sera d’approximativement de 9,8 milliards d’humains (Moreau, 2018). Certes, il est facile d’expliquer ces prévisions par l’explosion démographique des pays émergents et l’allongement de la durée de vie dans les pays développés, l’actualité parle déjà de surpopulation mondiale, mais la véritable question qu’il faut se poser est la suivante : Où peut-on trouver l’espace nécessaire pour réfugier des gens dans le besoin? Ainsi, dû au fait que la démographie se trouve donc au centre des politiques de populations, des politiques d’immigration, mais également des politiques sociales de certaines nations, il n’est pas étonnant de voir que cette notion soit très éclairante à l’égard de la thématique polémique de la migration.

Sociologie

La typologie des sociétés

La sociologie est l’étude des relations, actions et représentations sociales par lesquelles se constituent les sociétés (Guilmain, 2017). En d’autres termes, elle vise à comprendre comment les sociétés fonctionnent et se transforment. Cette discipline s’apparente la plupart du temps à des sujets vastes comme les rapports individus-société, les actions sociales et par-dessus tout, la migration internationale qui regroupe des champs d’application sociologique. Par champs d’application, on parle de l’intégration sociale, la discrimination, la migration des populations, la transformation des mœurs sociales, la culture populaire et autres points. En résumé, la sociologie permet d’analyser une gamme illimitée de phénomènes sociaux comme le prouve par exemple la théorie de la reproduction de la société de Michel Freitag. Sociologue et philosophe québécois d’origine suisse, Michel Freitag mentionne que les sociétés, pour se maintenir et se reproduire dans le temps, doivent mettre en place des institutions permettant l’intégration (Le fait d’entrer dans un tout, dans un groupe ou dans un pays) et la régulation sociales (Freitag, 2002, p.25). Pourquoi cette théorie est-elle pertinente pour mener à bien ce type de projet concernant la migration et l’exclusion? D’un côté celle-ci se fonde sur l’intégration et la régulation, deux champs notionnels importants qui sont fondés sur le fait de fusionner une minorité dans l’ensemble national lorsque l’on se réfère à la migration. D’un second point de vue, en étudiant les théories de cet homme fascinant, on découvre rapidement qu’il en est arrivé à la conclusion suivante : Chaque société, peu importe l’endroit sur terre, a des représentations collectives qui permettent l’intégration et la régulation sociales. En somme, au cours de sa carrière, Michel Freitag dressera une typologie des sociétés en fonction de leur mode de reproduction qui se fait différemment. Pour tout dire, le philosophe en question démontre que selon lui, il y a un total de trois sociétés fonctionnelles dans la communauté : La société de culture, la société de pouvoir ainsi que la société post-moderne. Dans chacune d’elles, le sociologue décrit et interprète leurs façons de procédés concernant la signification sociale. En conclusion, il n’est pas inusité de découvrir que c’est par la discipline de la sociologie que l’on peut aisément expliquer le phénomène migratoire, ses causes et ses conséquences qu’est la redéfinition des pratiques culturelles pour les migrants.