Par: Delphine Aubin, Claudia Paiement-Jolie, Guillaume Pagé-Côté et André Cayouette

INTRODUCTION

L’Europe est un continent qui se démarque géographiquement par son accessibilité. En effet, la mer Méditerranée est le seul obstacle naturel qui sépare les migrants africains de cette terre d’accueil. De nombreux migrants en provenance du Moyen-Orient cherchent également à trouver asile sur le continent par cette voie. De ce fait, l’enjeu des flux migratoires, qui semble avoir pris de l’importance sur la scène médiatique, relève de plusieurs domaines, dont la politique. Il sera justement question de la gouvernance de l’immigration dans la présente recherche. La relation entre l’idéologie et le discours et les actions politiques, l’opinion publique, les mesures d’intégration et les législations de l’Union européenne face à l’immigration.

  1. Les organisations européennes intergouvernementales face à l’immigration

L’espace Schengen est un regroupement de 26 pays, dont 22 sont membres de l’Union européenne.  En 1985, les pays membres de cette association signent l’Accord Schengen dans le but de créer un espace de libre circulation entre leurs différents pays. De cet accord résulte une quasi-disparition de contrôle frontalier et d’un renforcement du contrôle sur les frontières extérieures des pays membres. De plus, ces pays s’engagent à une augmentation de la coopération policière et judiciaire (Le Centre d’études et de recherche sur l’Europe, 2002). Quelques années plus tard, en 1997, le traité d’Amsterdam vient transposer ce principe de libre circulation à l’ensemble des pays de l’Union européenne. De ce fait, le mot d’ordre de ce traité est d’avoir un niveau d’emploi élevé dans l’ensemble de l’Union européenne. Par le fait même, les normes relatives à l’immigration, aux visas  ainsi qu’au droit d’asile sont communautarisées et donc uniformisées au sein de l’union (Comprendre l’Europe, 2008).

Vers la fin des années 1970, la création de politique  de visas plus sévères dans une forte proportion des pays européens génère une forte baisse d’immigration. La demande d’asile, le regroupement familial et les études supérieures deviennent la seule porte d’accès au territoire européen. Par contre, il n’y a pas de légiférations claires en ce qui concerne les exilés et les clandestins, mais ils ont tout de même certaines obligations envers les personnes en quête de protection internationale (Le Centre d’études et de recherche sur l’Europe, 2002).

Tout d’abord, L’UE reconnaît l’importance de partager des normes communes en ce qui a trait aux réfugiés qui nécessite sa protection. Le point commun le plus important est le droit de non-refoulement des réfugiés (Le Centre d’études et de recherche sur l’Europe, 2002). Ce principe stipule qu’un pays se doit d’accueillir une personne ou un groupe de personnes, qu’ils se présentent légalement ou non à sa frontière, dans le cas où ses personnes sont en danger dans leur pays d’origine (Chaix, 2010). Cet engagement fonctionne de pair avec la réforme de Dublin. Cette réforme stipule que le pays responsable du réfugié ou du demandeur d’asile est celui qui a joué le rôle le plus important dans son processus de migration. Autrement dit, les pays membres de l’Union européenne se doivent de respecter ces deux principes de base lors de l’arrivée d’un migrant. Soit de ne pas l’expulser et de lui donner une qualité de vie minimum ainsi que de se porter responsable de lui (Commission européenne, 2016).

  1. L’influence de l’idéologie dans le traitement des questions migratoires

2.1. Relation entre l’idéologie et les flux migratoires

Les flux migratoires représentent un important enjeu pour lequel des décisions politiques doivent être prises. Par exemple, ces décisions peuvent à des questions telles que l’accueil ou non de migrants, la façon d’intégrer les migrants, les programmes sociaux mis en place pour venir en aide aux migrants, le renforcement ou non des frontières, etc. Selon l’idéologie qui les oriente, les partis politiques adoptent des positions divergentes sur la question des flux migratoires. Ainsi, les décisions prises par les partis politiques par rapport à la question migratoire sont influencées par l’idéologie qui les oriente. Cependant, l’idéologie reste tout de même simplement une ligne directrice, les décisions d’un parti politique étant le résultat de plusieurs autres facteurs, tel que l’opinion populaire (Bréville, 2017, p. 14).

2.2. Définition de l’idéologie

L’idéologie se définit comme « un ensemble de représentations mentales ou de valeurs que l’on veut exprimer sous forme de mots, de discours » (Provost, 2017). Ainsi, selon l’idéologie qu’il défend, les actions politiques d’un parti en sont influencées.

2.3. La réaction générale des partis face à l’immigration : le cas français

Les candidats de l’élection présidentielle française de 2017, toutes idéologies confondues, se divisaient en deux catégories plus générales : ceux qui se faisaient du rejet de l’immigration un élément important du programme de leur parti et ceux pour qui la question de l’immigration était embarrassante. Les partis dont le rejet de l’immigration était un élément important de leur programme étaient majoritairement d’extrême droite. Pour ce qui est des partis dont l’immigration était une question embarrassante, plusieurs de ceux-ci étaient des partis de gauche (Bréville, 2017, p. 14).

2.4. L’idéologie de l’extrême droite et sa position face à l’immigration : le cas français

Généralement, les partis d’extrême droite défendent une idéologie nationaliste, autoritaire et anti-establishment. Les politiques que ces partis mettent en place ou défendent sont radicales. Avec la place qu’a prise la question de l’immigration ces dernières années, les partis d’extrême droite ont orienté leurs politiques et leurs discours politiques vers une défense de l’identité nationale. Dans cette perspective, l’immigrant apparaît comme un danger culturel pour l’identité nationale. Une fermeture des frontières devient alors essentielle afin de protéger l’identité nationale des dangers de l’immigration (Ivaldi, 2014, p. 11-12).

Ainsi, au cours des dernières élections présidentielles françaises, le discours de certains partis d’extrême droite défendait l’idée de devoir protéger l’identité nationale des dangers de l’immigration. En effet, les immigrants étaient, selon ceux-ci, la source de nombreux problèmes tels que le chômage, le terrorisme, le manque de logement, la crise financière, etc. Ainsi, le Front national, dirigé par Marine Le Pen, s’engageait « à supprimer le droit du sol, à sortir de l’espace Schengen, à instaurer la préférence nationale et à systématiser les expulsions d’étrangers en situation irrégulière. » (Bréville, 2017, p. 14) Pour ce qui est du parti Les Républicains, dirigé par François Fillon, celui-ci promettait « de durcir les règles du regroupement familial, de conditionner les aides sociales à deux ans de présence sur le territoire, de supprimer l’aide médicale de l’État ou encore de faire voter par le Parlement des quotas annuels d’immigrés par origines nationales. » (Bréville, 2017, p. 14) Bref, par l’exemple de ces deux partis d’extrême droite français, il est possible d’observer dans les programmes politiques mis de l’avant une défense de l’identité nationale par le rejet de l’immigration, celle-ci étant considérée comme un danger pour l’identité nationale (Bréville, 2017, p. 14).

2.5. L’idéologie de la gauche et sa position face à l’immigration : le cas français

Théoriquement, la gauche est une idéologie ayant la justice comme valeur priorisée et une plus grande intervention de l’État sur le plan social et sur le plan économique comme objectif (Provost, 2017). Ainsi, il serait logique de croire que les partis de gauche soient en faveur de l’immigration. Cependant, comme il a été possible de constater lors de la dernière élection présidentielle française, la question de l’immigration divisait les candidats de gauche (Bréville, 2017, p. 14).

Ainsi, certains partis de gauche affichaient leur support à l’immigration tandis que d’autres s’y opposaient. Pour plusieurs partis de gauche, la question de l’immigration était embarrassante. Les propositions politiques qu’ils faisaient étaient alors bien souvent floues et incohérentes. Par exemple, Benoît Hamon, candidat aux élections présidentielles françaises de 2017 et membre du Parti socialiste, critiquait le fait que la France ne soit pas assez solidaire à l’égard des réfugiés. Pourtant, le programme qu’il proposait n’était pas suffisant pour suivre ses propos. Non seulement la promesse « d’accorder le droit de vote lors des élections locales aux étrangers non communautaires » (Bréville, 2017, p. 14) n’était toujours pas réalisée par le Parti socialiste, mais en plus, Benoît Hamon continuait de vouloir créer des « visas humanitaires » sans qu’il n’y ait de modalités d’attribution claires.

Aussi, il a été possible de voir un revirement d’opinion sur le sujet de l’immigration par certains partis de gauche. En effet, certains partis appuyaient l’immigration quelques années auparavant. Cependant, vu la tournure qu’a prise la question migratoire et en vue des élections présidentielles françaises de 2017, certains partis de gauche ont changé de position face à l’immigration et y sont maintenant opposés. C’est le cas de Jean-Luc Mélenchon, membre du parti La France insoumise, qui, lors des élections présidentielles françaises précédant celles de 2017, s’était présenté avec des mesures d’ouverture concernant l’immigration. Cependant, aux élections présidentielles de 2017, il s’est montré beaucoup plus restrictif, si ce n’est pas opposé, à l’immigration (Bréville, 2017, p. 14).

2.6. La place de l’électorat dans le discours qu’un parti politique emprunte

Plusieurs partis se sont vus embarrassés par la question migratoire, tant des partis de gauche que des partis d’autres idéologies. Par exemple, Emmanuel Macron, candidat centriste aux élections présidentielles françaises de 2017 du mouvement En marche!, a déclaré que l’immigration était économiquement, socialement et culturellement bénéfique. Cependant, dans le programme qu’il proposait, il faisait mention du droit d’asile pour les réfugiés, pour lequel il suggérait un resserrement de l’encadrement sans l’éliminer, sans toutefois faire mention des autres types de migrations. Ainsi, les propositions qu’il faisait étaient floues (Bréville, 2017, p. 14).

Cet embarras face aux flux migratoires semble démontrer l’importance de l’opinion populaire dans le discours qu’emprunte un parti politique. En effet, plusieurs partis de gauche se montrant auparavant favorables à l’immigration se sont vus, pour les élections présidentielles françaises de 2017, opposés ou beaucoup plus restrictifs face à cette question. Ainsi, il est possible de constater que l’idéologie d’un parti est une ligne directrice considérable, mais que l’opinion populaire prend tout de même une place importante, au point même que la position face à la question migratoire de plusieurs partis politiques s’en trouve modifiée (Bréville, 2017, p. 14).

2.7. La place de l’idéologie dans le programme des partis politiques

Il est possible d’observer une différence entre les partis qui se font du rejet de l’immigration un élément important de leur programme et les partis pour qui la question de l’immigration est embarrassante (Bréville, 2017, p. 14).

En effet, les partis qui font du rejet de l’immigration un élément important de leur programme sont majoritairement des partis d’extrême droite. Les politiques des partis d’extrême droite sont déjà orientées vers une défense de l’identité nationale. Ainsi, ces partis d’extrême droite peuvent suivre sans difficulté l’idéologie qu’ils représentent, l’immigration représentant le « danger » à l’identité nationale. Ainsi, les partis d’extrême droite peuvent présenter des programmes politiques restreignants face à l’immigration qui vont dans le même sens que la protection de l’identité nationale défendue par l’extrême droite sans que cela ne soit en opposition avec l’opinion populaire (Bréville, 2017, p. 14).

Pour ce qui est des partis pour qui la question de l’immigration est embarrassante, la question est plus complexe. Dans le cas des partis de gauche, plusieurs d’entre eux se voient embarrassés par la question des migrants. En effet, certains partis de gauche ont continué d’appuyer l’immigration, mais en proposant des programmes flous, tandis que d’autres ont tout simplement changé de position face à l’immigration, passant d’un appui à une opposition. C’est le cas, comme précédemment expliqué, de M. Mélenchon. C’est aussi le cas de partis s’appuyant sur d’autres idéologies politiques, comme M. Macron, celui-ci défendant une idéologie centriste avec un discours sur les avantages économiques, sociaux et culturels de l’immigration qui ne suit pas le programme politique qu’il défend (Bréville, 2017, p. 14).

Bref, face à l’ampleur qu’a prise la question des flux migratoires ces dernières années en Europe, une portion importante de l’opinion populaire semble réticente face à l’accueil de ces importants mouvements de population. Pour réussir à se faire élire, un candidat doit recueillir le vote d’une proportion suffisante d’électeurs. Ainsi, certains partis embarrassés par la question migratoire, lors des dernières élections présidentielles françaises, ont adopté une position sur les flux migratoires en divergence avec l’idéologie défendue ou la position précédemment défendue sur cette question (Bréville, 2017, p. 14).

  1. Le point de vue des sociétés d’accueil

L’immigration fait partie des responsabilités des différents États accueillant des populations étrangères. Toutefois, il s’agit d’un phénomène encore très controversé, suscitant de nombreux débats, non seulement au niveau gouvernemental, mais également dans la population. En effet, il est important de se rappeler qu’une grande part de la qualité de l’intégration des immigrants dépend de l’opinion publique. Cependant plusieurs éléments influencent ce point de vue collectif.

3.1. L’évaluation de l’immigration

Tout d’abord, il est pertinent de préciser que l’évaluation de la valeur accordée à l’immigration dépend beaucoup des points de vue. De plus, cesdits points de vue sont eux-mêmes grandement influencés par la vision nationale globale concernant l’immigration ainsi que le rapport aux étrangers. À titre d’exemple, les interventions de l’État norvégien concernant l’immigration ont pour principe de se faire dans une politique de «respect des différences culturelles». Pour sa part, le cas de la France est différent, puisqu’il met l’accent sur un modèle d’accueil assimilationnisme (Streiff-Fénart, 2006).

Une étude effectuée par Alessandro Bergamaschi démontre justement l’effet qu’a l’origine nationale sur la perception des immigrants  à travers une enquête menée auprès de  lycéens italiens et français. Avant de se pencher sur les résultats, il est par contre primordial de s’interroger sur l’expérience qu’ont ces deux pays en matière d’immigration. Pour ce qui est de l’Italie, l’immigration internationale demeure toujours récente, puisque ce pays a été tourné davantage vers l’émigration jusqu’à la fin des années 1990. Depuis, ce nouveau statut de terre d’accueil n’est pas évident à assumer pour la communauté italienne.  Cette urgence migratoire est d’ailleurs considérée comme étant l’un des «maux sociaux» importants dans la société actuelle (Bergamaschi, 2011).

En ce qui concerne la France, l’immigration est un élément historique important (Bergamaschi, 2011). En fait, « la France est un vieux pays d’immigration. Durant toute la période contemporaine, des hommes et des femmes nés en dehors de ses frontières et ne possédant pas la nationalité française sont venus nombreux travailler, vivre sur le territoire métropolitain. […] [Aujourd’hui,] les conséquences politiques de l’immigration en France sont [donc] une question ancienne, surtout du point de vue de la société d’accueil.» (Poinsot et Weber, 2014)

Pour revenir sur les résultats de l’étude, les deux nationalités ont été interrogées sur ce à quoi ils associaient le terme immigré. Chez les jeunes Italiens, la réponse la plus commune fut une «menace sécuritaire». En dépit de cela, la majorité de leurs autres réponses faisaient davantage preuve de compassion face aux immigrants que leurs analogues français. De leur côté, l’association majoritaire avec le terme immigré faite par les lycéens français était plutôt «non-intégration». D’autres parts, les deux pays ont spécifier croire en la présence d’un lien entre l’augmentation de la délinquance dans leur pays respectif et l’immigration (Bergamaschi, 2011).

3.2. Les modèles d’accueil des immigrants : Tournure vers la sécurisation

En réalité, il existe plusieurs modèles d’accueil des immigrants. Les politiques multiculturalistes, assimilationnisme et pluriculturalistes en sont des exemples. Or, tout comme les valeurs d’une société, ces modèles ne sont pas figés dans le temps et les différents États oscillent donc entre ces modèles (Bergamaschi, 2011). Néanmoins, les politiques d’immigration semblent être devenues de plus en plus uniformes d’un pays à l’autre au cours des  dernières années. Effectivement, celles-ci s’avèrent à avoir mis l’emphase sur une sécurité renforcée, notamment dans le contrôle des frontières et le durcissement des conditions d’entrée au pays, par exemple (Tsoukala, 2002).

3.3. L’immigration et les problèmes sociaux

L’opinion publique, elle-même, associe l’immigration à de multiples problèmes sociaux et cette juxtaposition d’éléments se reflète même parfois explicitement dans les discours politiques. Il est ainsi possible de voir l’émergence du concept «d’immigrant délinquant». À ce moment, les motifs et les besoins des immigrants sont moins pris en compte et au lieu de pénaliser un seul individu pour ces actes délinquants, la société pénalise sa nationalité au complet (Tsoukala, 2002).

3.4. L’influence des médias

Les médias ont également une très grande influence sur l’opinion publique. Il ne s’agit pas de la seule source d’informations disponibles, mais bien de l’une des principales. Or, le moindre acte déviant commis par un immigrant quelle qu’en soit l’importance sera médiatisé sous forme de dénonciation. Vers la fin des années 1990 en Allemagne par exemple, deux articles sur cinq portant sur l’immigration traitaient de criminalité. (Tsoukala, 2002) Ce phénomène n’arrive par contre pas seulement en Europe. Le sociologue Doudou Sow explique d’ailleurs qu’au Québec, «le traitement de certains sujets dans les médias accrédite la thèse ou les thèses que les immigrants constituent une menace pour la société québécoise en refusant de s’intégrer aux valeurs de la société d’accueil. Ce ne sont pas les succès des immigrants qui font les manchettes.» (Sow, 2014)

3.5. Le refus de droit d’asile en guise de diplomatie

Toujours dans cette idée de sécurisation de l’immigration, plusieurs États refusent de reconnaître le droit d’asile sous prétexte de protection. Cependant, ces refus d’asile servent aussi parfois, par la même occasion, à exercer une forme de diplomatie en étant plus favorable avec des États dits «amis». Les immigrants en provenance de pays ne respectant pas les droits de l’homme, par exemple, seront donc moins aptes à recevoir un droit d’asile dans la société d’accueil (Wihtol de Wenden, 2015).

  1. Les mesures gouvernementales d’accueil des migrants de l’Union européenne

4.1. Aspect Juridique

Tout d’abord, les gouvernements ont des devoirs envers les migrants. Le gouvernement prend alors des mesures, que ce soit au niveau juridique, économique ou social. Juridiquement, les migrants sont protégés par le traité de Lisbonne. Le traité de Lisbonne donne des droits aux migrants, peu importe leur nationalité, leur religion, leur sexe ou leur origine ethnique. Ainsi, les migrants qui arrivent dans n’importe quel pays de l’Union européenne sont assurés d’être protégés en cas de poursuite. Notons que les musulmans ont aussi accès à ces droits, peu importe la représentation médiatique qui est faite, leur égard. De plus, certains pays ont ce qui est appelé une liste de pays sûrs, c’est-à-dire que tout migrant venant d’un pays sur la liste se verra refuser l’accès au pays d’accueil traitant sa demande (Europa, 2018).

4.2. Aspect économique

Économiquement, l’Union européenne intervient grâce à des ONG. Le budget des ONG s’élève à environ 1 milliard de dollars. Ce budget est réparti de la façon suivante : 40% pour la nutrition, 19% pour les logements, 14% pour des soins médicaux, 13% pour l’assainissement des eaux, 7% pour la protection des gens aidés par les ONG, 5% pour la coordination et la logistique, 1% à titre préventif et 1% pour le transport des migrants. Cet argent sert principalement à des projets pour aider les migrants. Cet argent aide toutefois aussi à financer des projets dans les pays d’origine des migrants pour aider les gens qui n’ont pas migré (Europa, 2018).

4.3. Aspect social

Socialement, l’Union européenne s’est dotée du programme de protection sociale qui vient en aide aux migrants. La raison qui importe dans cette situation est le cas des déplacements forcés. Ce programme aide les migrants à combler les besoins de base. La Turquie a créé une version par carte du programme permettant à plus de 1,3 million de migrants de profiter du programme de protection sociale de l’Union européenne (Europa, 2018).

4.4. Conclusion

En conclusion, l’Union européenne se dote de programmes pour aider les migrants, mais ceux-ci peuvent parfois être sélectifs. Leur utilité s’est particulièrement fait sentir lors de la crise migratoire de 2015. Ces programmes destinés aux migrants ont certains objectifs pour venir en aide aux migrants. Cependant, chaque État membre de l’Union européenne a ses propres règles, ce qui vient compliquer l’aide que ces programmes mis en place essaient de fournir aux migrants (Europa, 2018).

CONCLUSION

Pour conclure, les pays de l’Union européenne se voient imposés, par l’association politico-économique, d’importantes restrictions face à l’immigration. Il devient donc un défi de taille pour eux que de composer avec une situation de forte immigration. Dans un contexte futur où d’importants flux migratoires seraient observés, l’Union européenne pourrait-elle envisager une réparation équitable de la tâche entre les différents pays membres afin de gérer cet afflux de migrants?

L’idéologie est une ligne directrice qui dirige les partis dans leurs décisions et discours politiques. Cependant, plusieurs autres facteurs autant importants viennent influencer les décisions et discours politiques. De quelle importance revêt alors l’idéologie dans un parti? Et quelle est la situation dans les autres pays européens? Le cas des élections présidentielles françaises de 2017 peut-il être généralisé aux autres pays européens?

L’opinion publique des sociétés d’accueil par rapport à l’immigration est, pour sa part, influencée par plusieurs éléments, dont leur identité nationale et le modèle de politique d’accueil de l’État, mais également par les médias. Il est également possible de constater que cette opinion est rarement positive. Il serait donc ici pertinent néanmoins de savoir où commencent les points de vue. Est-ce l’opinion publique qui influence l’idéologie, les discours politiques et les médias ou est-ce l’inverse?

L’Union européenne s’est dotée de programmes d’aide humanitaire dans plusieurs domaines, mais ceux-ci semblent restreints par les lois de chaque pays membre de l’Union européenne, chacun ayant le pouvoir sur ses propres juridictions. Est-il alors possible d’envisager une politique commune dans l’Union européenne qui sera globale et pour laquelle tous les pays membres seront tenus de respecter?

MÉDIAGRAPHIE

Articles de périodique

Bergamaschi, Alessandro. « Les jeunes et la diversité : Préjugés et stéréotypes chez dejeunes lycéens en France et en Italie ». Diversité urbaine. En ligne. Vol. 10, no 2 (printemps 2011), p. 29-48. In érudit. < https://www.erudit.org/fr/revues/du/2011-v10-n2-du1824352/1006424ar/>. Montréal: Érudit. Consulté le 31 janvier 2018.

Ivaldi, Gilles. « Euroscepticisme, populisme, droites radicales : état des forces et enjeux          européens ». L’Europe en formation. En ligne. Vol. 373, no 3 (Mars 2014), p. 7-28.         In Cairn. Paris : Centre international de formation européenne.      <https://www.cairn.info/revue-l-europe-en-formation-2014-3-page-        7.htm?1=1&DocId=64295&hits=9692+9691+9688+9687+9686+9685+9683+968            2+9681+9680+9679+10+9+8+7+5+4+3+2+1+>. Consulté le 4 février 2018.

Streiff-fénart, Jocelyne. « À propos des valeurs en situation d’immigration : questions de recherche et bilan des travaux ». Revue française de sociologie. En ligne. Vol. 47             (mars 2006), p. 851-875. In Cairn. <https://www.cairn.info/revue-francaise-de-           sociologie-1-2006-4-page-851.htm>. Consulté le 31 janvier 2018.

Tsoukala, A. « Le traitement médiatique de la criminalité étrangère en Europe ». Déviance    et société. En ligne. Vol. 26 (janvier 2002), p. 61-82. In Cairn.   <https://www.cairn.info/revue-deviance-et-societe-2002-1-page-           61.htm?1=1&DocId=248251&hits=15355+15352+15346+15342+15066+15063+            15059+15057>. Consulté le 31 janvier 2018.

Articles de revue vulgarisation

Bréville, Benoît. « Embarras de la gauche sur l’immigration ». Sciences humaines. En ligne. Avril 2017, p. 14-15. <https://www.scienceshumaines.com/politique-d-  immigration-rupture-ou-continuite_fr_25042.html>. Consulté le 4 février 2017.

Matringe, Jean. « Errements de la politique migratoire de Bruxelles ». Le MONDE          diplomatique. En ligne. (mai 2017), p. 11 <https://www.monde-            diplomatique.fr/2017/05/MATRINGUE/57483>. Consulté le 6 février 2018.

Sites Internet

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Ouvrage général

Aprile, Sylvie et Stéphane Dufoix. « Identité nationale ». Les mots de l’immigration.            France: Belin, 2009, p. 184-185.

Ouvrages spécialisés

Chaix, Alice. « Portée et principe de non refoulement de l’article 33 de la Convention             relative    au statut des réfugiés dans le contexte du traitement extraterritorial  des           demandes de    statut de réfugié ». Mémoire de maitrise en ligne, Montréal,     Université de Montréal, 2011.   https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/handle/1866/5137. Consulté le 7 février 2018.

Poinsot, Marie et Serge Weber (dir.). « Les enjeux nationaux contemporains ». In   Migrations et mutations de la société française. Col. « L’état des savoirs ». p. 275-    341. Paris: La découverte, 2014.

Sow, Doudou. « Le rôle de la société civile pour la promotion de la diversité et des défis d’intégration ». In INTÉGRATION : une responsabilité partagée entre la société       d’accueil et la personne immigrante. p. 131-174. Montréal: auteur auto-édité, 2014.

Notes de cours

Provost, Jacques. « Les grandes idéologies ». In Idéologies et régimes politiques        (Longueuil, 15 février 2017).