Lorsque l’on aborde la thématique de la migration, on peut, sans trop d’efforts, relier cette dernière à la grande majorité des disciplines de science humaine. Que ce soit l’histoire ou encore la sociologie, le phénomène de migration est un sujet qui s’immisce dans toutes les sphères de ce champ d’études. Pour ma part, je me pencherais dans un premier temps du côté de la politique pour établir ce qui me semble être un lien assez important entre celle-ci et la thématique à l’étude. Pour finir, j’emprunterai les lunettes de la géographie pour présenter une notion clé en ce qui consiste le phénomène de la migration.

La politique

Pour commencer, la politique est une discipline qui traite de tout ce qui nous entoure. En effet, comme l’a dit le philosophe André Comte-Sponville « Comment ne pas s’intéresser à la politique ? Il faudrait ne s’intéresser à rien puisque tout en dépend » (Coipel Olivier, 2016, p1).  Comme nous l’avons appris, la science politique a pour but d’étudier l’exercice du pouvoir dans une société (Coipel Olivier, 2016, p5). Mais en quoi la politique pourrait-elle avoir un lien avec le phénomène de la migration? En fait cette discipline est assez large et regroupe une panoplie de concepts et de notions qui touchent de prés ou de loin le dit phénomène. Par contre, lorsque l’on s’intéresse à la dimension internationale de la politique, on peut associer la thématique du projet à une notion qui, à mon humble avis, semble être l’une des plus pertinentes, la notion du droit humanitaire ou plus précisément, l’aspect international des droits de l’homme. Celle-ci fait référence à la Déclaration universelle des droits de l’homme, faisant partie de la charte des Nations unies de 1945. Cette dernière a pour but d’établir la liste des droits les plus fondamentaux dont, en principe, tout humain disposerait (Larin Jean-Pascal, 2017, p 10). Ceci veut dire que toute personne, qu’il soit migrant ou non, possède la charte des droits humains de son côté. En d’autres mots, tous les migrants devraient pouvoir s’appuyer sur cette charte et notamment sur l’article 13 de cette dernière qui vient toucher tout particulièrement l’enjeu en question. Ce fameux article se définit par : « Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un état. » (ONU, Décembre 1948). On peut donc comprendre, qu’en principe, toute personne devrait pouvoir choisir librement de vivre ou de circuler dans un pays et de s’installer où il le souhaite. Le problème est que ce n’est que de la théorie et que lorsqu’il s’agit de l’aspect pratique aucun état ne tient compte de notre ami l’article 13. Il est clair que la question sécuritaire justifie la chose, mais il existe tout de même un certain abus, notamment la sélection des immigrants. Le lien le plus clair qu’entretien la thématique du projet avec cette notion est que le droit international est censé protéger les migrants, leur permettre de se déplacer où bon leur semble. Alors pourquoi tant d’états bafouent-ils cette déclaration? Pourquoi peut-on si facilement contourner la charte des droits humains? L’intérêt des états semble être plus important que l’intérêt de l’humanité ou que la loi elle-même.  La thématique de la migration soulève plusieurs questionnements dans plusieurs disciplines distinctes. Pour ce qui est de la politique, elle met l’accent sur la différence entre la théorie et la pratique, l’article 13 est écrit noir sur blanc sur une déclaration vieille de plus d’un demi-siècle et pourtant cet article, comme tant d’autres, ne semble pas être respecté et ne semble pas non plus avoir un quelconque pouvoir. Ce qui est sûr, c’est que le droit international est censé régir d’une façon bien précise et c’est pourquoi il serait intéressant d’approfondir la question du droit dans la vie des migrants, comment celui-ci peut simplifier leur vie ou au contraire la compliquer.

La géographie

Par la suite, la géographie fait elle aussi partie des disciplines s’inscrivant dans le phénomène qu’est la migration. Celle-ci tire son épistémologie du grec et a pour but de « décrire la terre » (Massé Bruno, 2016). En réalité, son champ d’études est plus précis et consiste en « L’étude des phénomènes physiques, biologiques et humains dans leur dimension spatiale et spécialement l’étude de leur répartition, des forces qui les gouvernent et de leurs relations réciproques. » (Massé Bruno, 2016).  L’une des notions abordées, qui selon moi touche de très proche la migration, se trouve à être la classification que des différentes sortes de migrations. En effet, celle-ci propose une typologie de la migration, elles les classent en trois différentes possibilités. Il y aurait tout d’abord la migration sociopolitique qui se traduirait par une situation de conflit, qu’il soit de n’importe quelle sorte, qui pourrait mettre en péril la vie de la personne, par exemple la guerre ou encore un génocide. Une telle situation ferait en sorte que la personne obtiendrait un statut de réfugié. Par la suite, il y aurait aussi la migration écologique, celle-ci créerait aussi le statut de réfugié, mais pour de différentes raisons, notamment une catastrophe naturelle ou encore le changement progressif d’un écosystème qui le rendrait invivable. Pour finir, le dernier type serait la migration économique qui, elle, serait volontaire et serait uniquement à fin d’améliorer les conditions de vie de celui qui se déplace (Massé Bruno, 2016). Cette classification est intéressante puisqu’elle donne une définition bien précise de ce qu’est un migrant et le classe selon sa situation. Celle-ci marque aussi la différence entre ce qu’est le statut de réfugié et le statut économique, mais elle vient aussi témoigner de l’existence d’un phénomène qui devient de plus en plus récurrent, les catastrophes naturelles. On pourrait croire que le statut de réfugié ne peut exister qu’en cas de conflit, mais les changements climatiques viennent créer un nouvel enjeu et malheureusement celui-ci fait apparaitre de nouveaux problèmes à régler, dont celui des migrants qui doivent quitter leur pays ravagé non par la guerre, mais par dame nature elle-même. Malgré le fait que cette classification soit selon moi une bonne façon de séparer les choses, je me demande si au niveau international on reconnait aussi fortement les réfugiés climatiques et si ceux-ci disposent des mêmes droits que ceux se trouvant en situation de conflit ou si au contraire ceux-ci se trouvent à être délaissés ?

En terminant, je crois que malgré le fait qu’en politique la théorie diffère parfois de la pratique, le monde évolue et la migration aussi évolue d’une certaine façon. La multiethnicité de ce monde se voit de plus en plus, et ce grâce aux changements qui se produisent. Nos deux disciplines entretiennent de forts liens, notamment par le fait que le droit international octroie un statut de réfugié à ceux qui en ont besoin et apporte des solutions aux nouveaux problèmes. Toute la question migratoire est encore loin d’être parfaite, mais on peut espérer de grandes améliorations si toutes les disciplines décident de travailler ensemble.

Médiagraphie :

  • Coipel, Olivier. « Introduction à la science politique » In idéologies et régimes politiques (Longueuil, 9 septembre 2016).
  • Larin, Jean-Pascal. « Le droit international humanitaire » actualité politique internationale (Longueuil, 27 septembre 2017).
  • La déclaration universelle des droits de l’hommes : article 13. En ligne.   < http://www.un.org/fr/universal-declaration-human-rights/> consulté le 28 janvier 2018
  • Massé, Bruno. « Épistémologie de la géographie » In Les espaces mondiaux (Longueuil, septembre 2016)
  • Massé, Bruno. « La population Mondiale » In Les espaces mondiaux (Longueuil, septembre 2016)