Informations factuelles

Le Projet Babels est un programme de recherche qui s’intéresse à la crise migratoire actuelle en Europe.  Formé d’une quarantaine de chercheurs et dirigé par l’anthropologue Michel Agier, ces derniers étudient la situation des migrants qui tentent de trouver refuge dans les villes. Cependant, les frontières géographiques, telles que les barrières et les murs qui apparaissent aux limites des territoires, ne sont pas les seules à faire face aux migrants, puisque les barrières  qui se dressent devant eux sont également sociales et politiques. (Babels, s.d.) Ce sont ainsi justement ces diverses formes de séparations entre le «nous» et le «eux» dans les villes qui sont au cœur des recherches du projet. Ayant divisé les villes en trois types de «contexte urbain», soit les villes-carrefours, les villes-frontières et les villes-refuges, les chercheurs portent une attention particulière au contraste entre l’hospitalité et le rejet à l’encontre des migrants selon les endroits. Lors de cette activité, c’est l’anthropologue, étudiant au post-doctorat, Stefan le Courant, qui investigue, pour sa part, sur les politiques d’hospitalité de la ville de Paris, qui nous présentera plus amplement le Projet Babels, dont il fait partie. Les travaux de thèse de Monsieur Le Courant portent d’ailleurs sur l’immigration irrégulière en France. (Babels, s.d.)

 

Problématique

Tel que déjà mentionné, ce sont les différents contextes urbains et leurs variantes qui intéressent les chercheurs du projet. Mais pourquoi ceux-ci se tournent-ils vers les villes? Cela s’explique par le fait que ce sont dans celles-ci que les immigrants tendent à aller se réfugier dans le but de fuir leur propre gouvernement. Or, très souvent en arrivant sur place, de nombreuses mesures ont justement déjà été mises en place afin de diminuer, contrer et voire même bloquer l’immigration de masse des réfugiés. Les migrants se retrouvent donc rapidement pris entre le pays d’origine qu’ils fuient et les politiques migratoires répressives du lieu où ils espèrent trouver l’asile. De plus, bien que de nombreux endroits souhaitent accueillir et aider les migrants au meilleur de leurs capacités, le tout se passe toujours dans un climat entre assistance et contrôle. (Babels, s.d.) D’un côté, la société d’accueil souhaite prêter main forte aux migrants, mais de l’autre, elle veut à tout prix éviter que de perdre la maîtrise de la situation au sein de leur territoire.

À travers leurs recherches, les membres du Projet Babels ont répertorié trois types de villes distinctifs. Tout d’abord, il y a les villes-carrefours, comme Beyrouth et Istanbul, qui ne constituent généralement qu’un lieu de passage pour les migrants. C’est dans ces endroits que la suite de l’itinéraire déjà entamé sera déterminée. Ensuite, il y a les villes-frontières qui, comme leur nom le mentionne, se trouvent au bord des frontières, comme Calais ou Ragusa par exemples. C’est dans ces villes que les politiques européennes entre l’accueil et le rejet se font le plus ressentir. (Babels, s.d.) Finalement, le dernier type de ville identifié est la ville-refuge, tel que Paris, Berlin, Bruxelles et plusieurs autres. Ce sont dans ces villes, qu’il est véritablement possible de voir la condition des migrants, comme avec la présence de campements par exemple. Au cours de l’activité, ce sera surtout de ce dernier type de ville dont il sera question. (Babels, s.d.)

Cependant, bien que certains lieux démontrent clairement une volonté d’aide envers les migrants, l’opposition entre hospitalité et rejet se situe tout de même sur un continuum. Cela est loin d’être uniquement blanc ou noir, soit à 100% hospitalier ou l’inverse. En outre, l’ensemble du débat concernant l’accueil de réfugiés se fait à plusieurs niveaux; étatique, municipal, mais également individuel. (Babels, s.d.) En effet, «certains acteurs.trices sont […] responsables de l’inclusion ou de l’exclusion des migrant.e.s. L’État joue un rôle prépondérant dans la mesure où il détermine les politiques migratoires et le contrôle des frontières. Le rôle de la société civile n’est pas négligeable, car elle peut contribuer à l’inclusion ou à l’exclusion des communautés migrantes.» (Audette et Blanc, 2017) Il est également, important de mentionner, que la migration et la réaction des sociétés d’accueil par rapport à elle évoluent également avec les temps. Ainsi, au niveau étatique, il est donc possible de voir apparaître des mesures restreignant considérablement l’immigration, comme le durcissement des conditions d’entrées au pays et le renforcement des frontières physiques, le tout dans une optique de rejet. (Atak, 2012) Voilà donc un lien fort entre le Projet Babels et le stage Passeport-Europe, soit entre hospitalité et rejet et entre migration et exclusion.

 

Médiagraphie

Audette, Philippe et Valérie Blanc. « Aux frontières de l’Europe : entre migrations et exclusions » In Aux Frontières de l’Europe: entre migrations et exclusions, p. 1-6. Longueuil, 2015.

Atak, Idil. « La sécurisation des contrôles migratoires et le droit d’asile en Europe et au Canada». In La communauté politique en question : regards croisés sur l’immigration, la citoyenneté, la diversité et le pouvoir, sous la dir. de Micheline Labelle et al, p. 47-69. Québec : Presses de l’Université du Québec, 2012.

Babels. En ligne. s.d. <https://anrbabels.hypotheses.org/>. Consulté le 29 avril 2018.