Informations factuelles

Une ville sanctuaire est une ville accueillant des réfugiés et offrant une protection pour ces personnes. Ces dernières ont quitté leur pays par crainte d’atteinte à leur sécurité. Cette protection peut se faire en apportant une aide juridique, alimentaire, vestimentaire, d’hébergement et même d’éducation, sociale et scolaire. Elle sert à assurer une cohésion sociale entre les réfugiés qui arrivent massivement de plusieurs endroits et la société d’accueil déjà en place. Il s’agit d’apprendre à vivre les uns avec les autres et d’obtenir un certain équilibre dans la communauté. En 2006, Marseille s’inscrit comme réseau sanctuaire ; la France a décidé de le nommer le réseau hospitalité. Ce réseau est présent dans 36 grandes villes françaises et a été lancé « avec des personnes membres de la Cimade, RESF, CCFD, Pastorale de migrants, LDH, Médecins du Monde, Secours Catholique, réseau Welcome, etc. » (Réseau Hospitalité, 2016) La ville accueille donc des demandeurs de protection tant du point de vue politique, qu’économique et environnemental. Les principes qui ouvrent la voie à ce réseau sont le désir d’unisson et la solidarité d’une communauté, peu importe la provenance des personnes. Cela se fait en contrant la discrimination et en développant une réciprocité entre les personnes accueillies, les organismes et tous les autres acteurs dans ce réseau. L’offre de cours de français permet d’avoir accès à des savoirs de base pour s’intégrer dans la communauté marseillaise. Le Réseau Hospitalité cherche à lutter contre l’exclusion notamment en permettant une autonomie à ceux qui cherchent refuge. Plusieurs rendez-vous, conférences, sorties, diffusions de documents et manifestations ont lieu dans les rues de Marseille afin de parfois dénoncer plusieurs préjudices posés envers les immigrants ou encore afin de réunir les arrivants et les Marseillais pour favoriser l’intégration bilatérale. Une multitude d’évènements a lieu, ces derniers tous biens différents les uns des autres. Ils ont néanmoins tous la même vision derrière leur implantation : vouloir sensibiliser la communauté à l’immigration, intégrer les migrants et venir en aide à ceux qui sont dans le besoin. Des collectifs, bénévoles et organismes contribuent au bon fonctionnement du Réseau Hospitalité de Marseille comme la fondation Abbé Pierre, les Médecins du Monde, le mouvement Emmaüs et le Collectif Migrants 13.

Problématique

Marseille, avec son qualificatif de ville portuaire, accueille de nombreux immigrants, tous ayant un motif de départ propre à eux. Cette immigration, provenant de plusieurs endroits, crée des divergences au niveau des aspects de la culture de la ville d’accueil. Cela « […] signifie que [certaines] personnes migrantes peinent à s’établir dans la communauté d’accueil. Les raisons peuvent être multiples : difficulté de communication, délocalisation des emplois non qualifiés, discrimination, etc. » (Audette et Blanc, 2015) C’est alors que se dressent des difficultés d’intégration et qu’un phénomène d’exclusion est initié. Cela rejoint étroitement le thème Aux frontières de l’Europe : entre migrations et exclusions. C’est justement l’objectif du Réseau Hospitalité que d’offrir un soutien aux migrants qui sont exclus de la société lorsqu’ils arrivent. Avec l’ampleur qu’a prise l’immigration dans la ville, le gouvernement ne pouvait plus prendre en charge tout ce flux et leur assurer de bonnes conditions. Ceci est en partie la raison de l’implantation du Réseau Hospitalité. Pour certains, « le mouvement [d’immigration] en lui-même est vécu comme un traumatisme, car ses déterminants ne sont ni décidés ni maîtrisés par ceux qui le subissent. Il peut entraîner appauvrissement, illégalité, bouleversement des structures familiales et marginalisation sociale […] » (Cambrézy, 1998 cité dans Lassailly-Jacob, 1999, p.31). Le Réseau Hospitalité travaille activement à sensibiliser la population locale à la réalité de l’immigration, souvent forcée. L’organisme cherche également à conscientiser sa population à offrir de l’hospitalité à ceux dans le besoin pour qu’ils restent le moins longtemps dans une situation de marginalité et d’exclusion. Le but est d’arriver à une mixité sociale entre les immigrants et les Marseillais et de diminuer toutes les inégalités qui pourraient se former.

Une des raisons pour laquelle des individus vont migrer est « […] parce qu’ils jugent que leurs chances d’améliorer leur sort se trouvent ailleurs que dans le pays où ils vivent » (Couture, 2012). Les inégalités, qu’elles soient politique, économique ou sociale peuvent venir précariser la situation des migrants. Entre autres, le racisme, la discrimination ou la pauvreté peuvent venir fermer le chemin d’accès à l’intégration. Les migrants quittent peut-être leur terre natale pour améliorer leurs conditions, mais viennent en conflit avec différents problèmes notamment ceux liés à l’intégration.

Dans le texte de Peraldi et al., on distingue 3 sortes de dynamiques migratoires. La première est pour le travail ouvrier, la deuxième pour les circulations commerciales et la troisième pour les populations en transit (2015). Il semble se créer une certaine discrimination ou une séparation entre les différents groupes sociaux selon les dynamiques choisies. La ville de Marseille, supposément caractérisée comme étant cosmopolite, semble créer des séparations dans la communauté. En ce qui concerne une ville cosmopolite, elle devrait être « constituée de personnes venant du monde entier [étant] tolérante envers les coutumes étrangères et ouverte aux autres nations » (Encyclopedia Universalis). Cependant, il s’agit d’une « fiction politique de la représentation communautaire illusoirement offerte à tout migrant […] » (Peraldi et al., 2015). Les différences sont flagrantes et tous les arrivants ne s’harmonisent pas dans la communauté. « [Ces différences] sont […] assez discriminantes pour montrer clairement de fortes disparités […] » (Ibid.) Ceci vient clairement défavoriser l’adaptation et l’intégration qui doit se faire pour un immigrant qui vient s’installer dans un nouvel environnement. La société locale vient s’opposer à ces communautés immigrantes « avec une hostilité déclarée, régulièrement violente » (Ibid.), créant des conditions non favorables pour l’intégration et l’espoir d’un immigrant, se retrouvant sans point de repère.

Le Réseau Hospitalité vient en aide à ces migrants qui tentent ardûment de se frayer un chemin vers de meilleures conditions de vie. En effet, « l’hospitalité ouvre les frontières et implique des pratiques de partage, d’équité et de convivialité. Elle entend assumer un “vivre ensemble” […] » (Réseau Hospitalité Marseille, 2017). À travers leur service, le Réseau Hospitalité cherche à remplir les insuffisances de l’organe étatique pour toutes personnes accueillies. Il offre des chances égales à tous ceux qui demandent refuge à Marseille avec un environnement hospitalier. Le développement de l’autonomie d’une personne et de son capital social permet de créer des liens. Un immigrant ne se sentira pas exclu et il verra qu’il est possible de s’adapter à une culture autre que la sienne, sans avoir à choisir entre sa culture ou celle de l’endroit d’où il arrive. Il reste toujours à savoir si ceci est vraiment efficace pour les demandeurs d’asile de faire face, grâce au Réseau Hospitalité, à l’opinion publique de l’immigration. En effet, la montée des discours haineux envers les immigrants par le mouvement extrémiste de droite ne semble pas favoriser l’accueil de ce flux.

Questions

Pourquoi certains groupes d’immigrants subissent plus fortement la pression qui sévit suite à de l’exclusion? Certains groupes réussissent à se sortir de l’exclusion et c’est d’essayer de comprendre leur cheminement.

Pourquoi est-ce que certains migrants sont plus fortement touchés par l’exclusion ?

À quels niveaux le Réseau Hospitalité vient-il aider ceux-ci ? Considérez-vous votre ville comme étant cosmopolite ou êtes-vous conscient qu’il y a beaucoup de disparité? Y en aura-t-il toujours ?

Il est dit que « la cité apparaît déjà comme une terre de contrastes et de contradictions conciliant les tensions les plus xénophobes avec une culture d’hospitalité envers les étrangers » (Allemand, 2013). Qu’est-ce qui prévaut ; la haine ou l’hospitalité ? Y a-t-il banalisation des situations hostiles que les migrants peuvent rencontrer ?

Quelle est votre opinion concernant le niveau d’investissement que le gouvernement met pour tenir ses promesses concernant l’hospitalité de ces personnes ? Agit-il convenablement ?

Travaillez-vous, entre autres, pour effectuer le travail incomplet du gouvernement ? Votre aide pour l’apprentissage de la langue, pour le soutien académique, pour l’hébergement, pour une vie sociale active, pour l’accompagnement juridique, semble-t-elle faire un changement notable dans la communauté marseillaise ?

Vous sensibilisez beaucoup la population concernant cette arrivée d’immigrants et leur réalité. Vous cherchez à contrer les fausses idées et les préjugés. Avez-vous vu un progrès dans les dernières années ? Qu’est-ce qui reste à faire ou à améliorer ?

Selon vous, quel est l’élément le plus important pour une intégration optimale ? Avez-vous des dispositifs en place qui pourraient aider à y arriver ?

MÉDIAGRAPHIE

Allemand, Serge. « Marseille : Une terre d’asile séculaire à l’épreuve des politiques nationales d’intégration ». Revue Hommes et migrations, no. 1301 (hiver 2013), p.168-173.

Audette, Philippe et Valérie Blanc. « Aux frontières de l’Europe : entre migrations et exclusions » In Aux Frontières de l’Europe : entre migrations et exclusions, p. 1-6. Longueuil, 2015.

Couture, Jocelyne. « Justice et immigration ». In La communauté politique en question : regards croisés sur l’immigration, la citoyenneté, la diversité et le pouvoir, sous la dir. De Micheline Labelle et al, p. 9-27. Québec : Presses de l’Université de Québec, 2012.

« Définition de cosmopolite ». In Encyclopaedia Universalis. En ligne. France, 2018. <https://www.universalis.fr/dictionnaire/cosmopolite/>. Consulté le 2 mai 2018.

Réseau Hospitalité. « Rencontre régionale du 30 avril 2016 Aix-en-Provence : Compte rendu des séances plénières». En ligne. 30 avril 2016. Réseau Hospitalité. 6 p. <file:///Users/opheliecoughlan/Downloads/compte-rendu_%20Renc%20r%C3%A9gio%20ResHosp%2030-4-16_12-01-2018.pdf>. Consulté le 12 mai 2018.

Réseau Hospitalité Marseille. « Qui sommes-nous : Origine du réseau hospitalité ». In Réseau Hospitalité Marseille : Un réseau de collectifs locaux