Fondée en 1945, après la Seconde Guerre mondiale, la Bibliothèque nationale et universitaire de Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine, se trouvait dans l’édifice de l’ancien hôtel de ville qui datait de l’époque austro-hongroise. Celle-ci avait aux alentours d’un million de volumes exceptionnels bosniaques, dont 33 000 articles de périodique et 150 000 manuscrits et livres uniques. Aujourd’hui, la Bibliothèque se fait également communément appeler la Vijecnica

En août 1992, la Bibliothèque fut détruite par des extrémistes serbes qui assiégeaient Sarajevo : ils la bombardèrent de bombes de phosphore, qui la piégea de flammes. Elle brûla du 25 août au 28 août, laissant brûler et disparaître, à tout jamais, 90% de ses collections et de ses documents irremplaçables, dont des cartes postales rarissimes, des thèses et des mémoires conservés depuis plus d’un siècle. La centaine d’employés qui travaillaient à la Bibliothèque pendant les bombardements et plusieurs familles ont dû s’y réfugier plusieurs jours pour se protéger des attaques serbes. Ils en ont profité pour récupérer des manuscrits importants.

 

Cette tragédie, nommée un « mémoricide » s’est transformée en symbole de la destruction systématique du patrimoine écrit et architectural de différentes communautés bosniaques. L’incendie a su accompagner le « nettoyage ethnique » des Bosniaques dans le reste de la Bosnie-Herzégovine, par exemple, elle fut suivie par le génocide de Srebrenica, quelques années plus tard. Dans le cadre de notre stage d’études, cette attaque nous offre l’opportunité de mieux comprendre l’une des dynamiques que nous étudions : l’idée obsessive de vouloir supprimer la culture musulmane de la ville.

En 2014, l’inauguration de l’immeuble de la Bibliothèque nationale de Sarajevo, dont la reconstruction finit 22 ans après l’année de sa destruction, a lieu. Elle représente maintenant un symbole de la force du peuple durant la guerre intercommunautaire de 1992 à 1995, selon le maire de Sarajevo, Ivo Komsic. L’édifice est aujourd’hui considéré comme un « joyau architectural de la capitale bosnienne ». Puisque nous verrons ce bâtiment lors de notre visite du pays, il est d’une importance primordiale de connaître sa signification pour le peuple : il est le signe d’un meilleur avenir pour la Bosnie-Herzégovine.