Au temps du règne de Tito, les différentes régions de la Yougoslavie cohabitaient harmonieusement. Il était le symbole d’union entre les différents peuples, d’ailleurs les tensions ethniques entre les Serbes, les Croates et la Bosniaques avaient diminué, mais elles reprirent de plus belle à la mort du dictateur. Suite à la déclaration d’indépendance de la Croatie et de la Slovénie en 1991, la guerre éclate dans les républiques yougoslaves. Les résidents de Sarajevo se croyaient protégés de la guerre, puisque les différents groupes ethniques de la ville on toujours cohabité ensemble. C’est donc à la surprise des Bosniaques, que le 6 avril 1992, débuta le siège de Sarajevo. Durant près de 4 ans, les habitants de cette région de la Bosnie-Herzégovine ont résistés aux attaques des forces armées serbes.

Pendant le siège, les Bosniaques furent victimes d’un nettoyage ethnique orchestré par les forces serbes. D’horribles sévices furent infligés à la population civile, on estime 11 500 morts dans la région de Sarajevo et 200 000 morts et disparus au total. Pour se défendre, les Bosniaques, Croates, Serbes et autres habitants ayant décidé de rester, ne disposaient que d’une armée improvisée mal équipée et trois fois moins nombreuse.

La population de Sarajevo avait une façon bien étonnante de résister à l’ennemi. En effet, malgré les bombardements et tireurs d’élite, les habitants tenaient à maintenir le déroulement des activités culturelles. Les gens s’exposaient quotidiennement au risque de se faire cribler de balles, afin d’assister à de nombreuses représentations cinématographiques et pièces de théâtre. Certains disent que si les habitants de Sarajevo ont réussi à résister aussi longtemps, c’est entre autres grâce à la culture. Le film intitulé Le Siège, réalisé par Rémy Ourdan, un reporter ayant vécu le siège, montre les horreurs de la guerre, mais également, non pas l’effort de survie, mais le désir de vivre de la population. Au courant du film, un combattant qui témoigne affirme que sans les activités culturelles il n’y aurait plus de raison de se battre. Cela démontre l’importance qu’a eu la culture lors du plus long siège de l’histoire moderne.

Aujourd’hui, la ville s’est presque totalement remise des dommages causés par la guerre, il reste encore des traces, mais une grande partie des bâtiments a été reconstruite et la population semble très résiliente face à cet événement. Il est désormais possible de rencontrer sur place, des guides privés qui se feront un plaisir de partager leurs expériences, tout en faisant visiter la ville. Malgré le cynisme du sujet, une équipe de guides composée de Neno, Merima et Davor, abordent le thème de façon enthousiaste et détachée ; nous aurons la chance de rencontrer l’un d’eux lors de notre séjour.