Située dans la vieille ville historique de Dubrovnik, la galerie du War Photo Limited est entièrement dédiée au photojournalisme. On y présente des photos de conflits récents ou parfois encore en cours, prises par des photojournalistes de renommée, dévoilant un portrait nuancé de la guerre. La visite de cette galerie nous permettra d’être confrontés aux ravages des conflits se déroulant dans les Balkans dans les années 1990 en sortant du cadre théorique habituel.

 

Les propriétaires de cette galerie se donnent pour mission  d’exposer les mythes de guerre, ils veulent témoigner des injustices que tous vivent dans ces temps, autant les victimes que les combattants. Notre perception de la guerre est souvent teintée par la lentille romancée des films hollywoodiens. La galerie veut donc sensibiliser le grand public quant aux comportements sociaux et politiques pouvant entraîner des conflits armés tels que l’intolérance, la discrimination, le nationalisme, etc. Cette éducation se fait par l’entremise d’images parfois lugubres et violentes. D’autre part, le War Photo Limited affirme ne pas avoir d’intentions politiques. Le photojournalisme permet donc de montrer un portrait cru, mais réaliste de ce qui se déroule en temps de guerre.

 

Leur collection permanente présente le démantèlement de la Yougoslavie, on y retrouve donc des images des conflits en Bosnie-Herzégovine, en Croatie et au Kosovo. Actuellement, ce sont les clichés du photographe iranien

Alfred Yaghobzadeh  qui sont exposés de manière temporaire. Ceux-ci reflètent les horreurs de la guerre Iran-Irak. Ses photographies démontrent les épreuves vécues par les hommes combattants aux lignes de front. De plus, on y retrouve un commentaire social quant à la dévotion totale de certains soldats à leur religion. C’est un profil d’un nationalisme religieux sanglant.

 

Lors de notre visite, nous aurons la chance de rencontrer le cofondateur de cette galerie, Wade Goddard. Dès son arrivée en 1992, ce Néo-Zélandais a couvert plusieurs conflits en ex-Yougoslavie. Il est devenu un photographe indépendant pour des Agences de presse et des journaux tels que Reuters, le New York Times et Newsweek. Sur le site de la galerie, on mentionne que sa couverture du démantèlement de la Yougoslavie venait d’une curiosité à comprendre le processus par lequel un peuple détruit un autre et se détruit lui-même par conséquent. C’est en exposant les images des réalités morbides de ces citoyens vivant en guerre civile qu’il espérait que les observateurs fassent pression sur leurs propres dirigeants politiques afin qu’ils prennent des mesures pour prévenir des conflits armés. L’image aurait donc un pouvoir de dénonciation, c’est un outil de mobilisation politique. C’est en 2003 qu’il a pris sa retraite en tant que photojournaliste. Il a ouvert le musée de photographie de guerre grâce au financement d’un homme d’affaires belge, Frédéric Harenz. Depuis son ouverture, la galerie a couvert plusieurs conflits, dont ceux de la Colombie, de la Syrie, du Proche-Orient, du Libéria et de la République centrafricaine.