par Dahlia Abdul-Hadi, Naomi Cadieux et Rosalie Savard

  1. INTRODUCTION

La guerre est un phénomène qui a marqué et dévasté la Bosnie-Herzégovine. Encore aujourd’hui, les traces de celle-ci sont très présentes et divisent le pays en deux. Les tensions ethniques sont palpables et le pays est encore affecté par les horreurs qui se sont produites. Les blessures engendrées par la guerre civile ne sont toujours pas cicatrisées, et ce, autant dans la ville que dans les esprits. Avec quelque 100 000 personnes qui sont mortes et plus de 2 000 000 qui ont fui leur foyer, il semblait important d’aborder le thème de la guerre dans un travail de recherche sur la Bosnie-Herzégovine. Effectivement, un évènement particulièrement troublant et cruel s’est produit lors de cette guerre de 1992 à 1995, c’est-à-dire le génocide de Srebrenica. Nous aborderons d’abord le problème de recherche. Ensuite, nous analyserons les dimensions historiques, psychologiques et sociologiques. Nous terminerons par l’orientation pour la suite du projet.

  • Présentation du sujet d’étude

Le sujet de recherche porte sur les impacts psychosociaux du génocide de Srebrenica sur les survivants et survivantes. Spécifiquement, la recherche aborde brièvement les causes du génocide de Srebrenica et les évènements lors de celui-ci. Par la suite, elle se consacre aux conséquences psychologiques et sociales subies par les survivants et les survivantes. Elle aborde les conséquences sociales engendrées par l’exposition aux meurtres et à la violence. Par la suite, elle développe sur les effets psychologiques chez survivants et survivantes du génocide de Srebrenica, c’est-à-dire sur les Bosniaques et plus particulièrement, sur les femmes.

  • Présentation des motifs qui ont inspiré le choix de ce sujet

La tragédie ne peut pas être abordée sans parler des conséquences psychologiques et sociales qui ont suivi le traumatisme. En effet, le côté psychologique de ce génocide est un thème important et les chercheuses semblaient passionnées par cet aspect. En outre, les victimes sont nombreuses et le phénomène du deuil collectif en Bosnie est intéressant.  De plus, lors du voyage sur le terrain, il sera possible de rencontrer des personnes ayant vécu la guerre et ainsi, de poser des questions sur ce à quoi elle a survécu et quelles ont été, chez elle, les conséquences de cet évènement. Il sera aussi possible d’aller visiter un musée de photos qui porte sur la guerre. En effet, ces deux activités n’abordent pas le génocide de Srebrenica, mais parlent du thème de la guerre qui se rapporte au contexte du génocide. Il sera aussi possible de visiter une Galerie consacrée à Srebrenica. Pour finir, l’objectif de recherche est d’expliquer le contexte historique et les conséquences psychosociales du génocide de Srebrenica sur les survivants et survivantes, dont des femmes et des Bosniaques.

  1. PROBLÈME DE RECHERCHE

2.1       Définition du problème de recherche

D’abord, le premier concept central de l’objectif de recherche est la notion de « génocide ». Cette notion polémique est un crime contre l’humanité tendant à la destruction physique intentionnelle, totale ou partielle, d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux. L’évènement de Srebrenica peut être considéré comme tel, car des atteintes volontaires à la vie des Bosniaques, soit un groupe ethnique précis, ont été commises. L’intégrité physique et psychologique des Bosniaques a été compromise, soit par le fait que 7 000 musulmans aient été tués intentionnellement et de façon planifiée. Ils ont été soumis à des conditions d’existence qui ont mis en péril la vie du groupe, soit par le fait qu’ils ont été chassés de leur ville et que leurs maisons ont été détruites. Il y a aussi eu une entrave à la procréation due au fait que ce ne sont que les hommes qui ont été visés. Cette entrave montre précisément l’envie de destruction d’un peuple et ainsi, est fidèle à la définition du génocide. Le deuxième concept central de la recherche est le « contexte historique ». Ce concept signifie que la situation sera abordée sous une perspective historique, c’est-à-dire que le déroulement des évènements du génocide de Srebrenica sera expliqué selon les faits tels que rapportés par des sources secondaires fiables. Le troisième concept central de l’objectif de recherche est les « impacts psychosociaux ». Ce concept indique que le travail de recherche développe sur les conséquences de l’interaction du contexte social en Bosnie-Herzégovine sur la santé psychologique des individus. Dans le cas du génocide de Srebrenica, les dysfonctionnements sociaux ont créé énormément de problèmes de santé mentale sur les victimes. Ces problèmes, comme le trouble du stress post-traumatique, l’anxiété et la dépression, les marqueront toute leur vie. Ensuite, le terme « survivant(e)s » désigne les Bosniaques, les proies du génocide : les hommes survivants et les femmes qui ont perdu leur enfant, leur mari et leur père, et qui ont également été victimes d’agressions sexuelles pendant la guerre.

Plusieurs dimensions sont donc abordées dans le travail : la dimension historique, la dimension psychologique et la dimension sociologique. Pour la dimension historique, l’équipe s’intéresse aux évènements déclencheurs du génocide. Elle tente de reconstruire le passé de l’évènement en cherchant à l’expliquer et à le comprendre à l’aide de données et de recherches sur le sujet. Par exemple, le lieu, l’époque et les acteurs impliqués sont des aspects importants quant à la conception de la dimension historique du génocide. L’équipe cherche à savoir l’ensemble des faits de même que le déroulement de la tragédie. Pour la dimension psychologique, l’équipe fait appel à des concepts précis reliés à la psychologie, plus précisément, l’étude scientifique du comportement et des processus mentaux. En effet, le génocide engendra d’énormes perturbations dans la population au niveau de cette dimension précise. En travaillant sur le sujet, l’équipe se doit de témoigner d’une bonne connaissance des sentiments des victimes de même que de bonnes aptitudes à comprendre les comportements déclenchés par l’évènement. Pour ce qui a trait à la dimension sociologique, elle prend place dans plusieurs aspects de la question de recherche et son objet d’étude est la société. L’aspect sociologique se voit pertinent dans la mesure où il amène à une réflexion approfondie sur les répercussions du génocide sur la société notamment la proportion des hommes dans la collectivité à la suite de cette tuerie. L’équipe se doit donc d’analyser les données sociologiques pertinentes sur cette population, soit avant et après la guerre, afin de faire des liens approfondis et de mener à un éventuel bilan intéressant. Cependant, notre travail se concentre davantage sur la dimension psychologique. Ces trois dimensions ont plusieurs sous-thèmes. Premièrement, les sous-thèmes de la dimension historique sont, en ordre, le contexte historique du génocide de Srebrenica et la chronologie des évènements lors du génocide de Srebrenica. Deuxièmement, les sous-thèmes de la dimension psychologique sont, en ordre, les conséquences psychologiques sur les femmes et les enfants de viols, le trouble du stress post-traumatique, la dépression, les problèmes de comportements, les conséquences psychologiques de la torture et le deuil collectif de la population de Srebrenica. Troisièmement, le sous-thème de la dimension sociologique est les problèmes d’intégration sociale.

Le travail de recherche s’intéresse au génocide de Srebrenica, en Bosnie-Herzégovine, en 1995 et aux impacts psychosociaux de celui-ci sur les victimes jusqu’à aujourd’hui, en 2019.

2.2       Importance scientifique et sociale du problème de recherche

Le génocide de Srebrenica est une situation historique qui a été amplement documentée, notamment à cause de ses répercussions sociales sur la population et l’environnement de la Bosnie-Herzégovine, qui est encore affecté à ce jour. En effet, les dysfonctionnements sociaux qui ont été causés par le génocide de Srebrenica ont provoqué des effets psychologiques considérables sur les victimes. En premier lieu, il est pertinent de réaliser l’importance des effets sociaux du génocide sur les individus et la société. Par exemple, le génocide provoque la discrimination envers un groupe de religion différente, ainsi que la violence sexuelle envers les femmes. Ces formes de discrimination sont des problèmes sociaux qui affectent quotidiennement les sociétés et qu’il est important d’aborder pour mener la population à une meilleure compréhension des problèmes. En deuxième lieu, il est important, selon un point de vue social et scientifique, de considérer les retombées des problèmes de santé mentale dus à des traumatismes sur les individus. Encore une fois, présenter et expliquer les conséquences des maladies mentales sert à susciter une prise de conscience dans les sociétés et à estomper certains préjugés sur les problèmes mentaux, comme sur le trouble du stress post-traumatique. Il est donc nécessaire de faire davantage de recherches, qui pourront aider à une explication détaillée et scientifique sur des impacts psychosociaux sur la société bosnienne de ce phénomène historique, en plus de mieux documenter les études scientifiques déjà existantes. Finalement, l’importance sociale du travail de recherche est de sensibiliser les sociétés aux conséquences qu’engendre le génocide.

  1. ANALYSE

3.1       Aspect historique

3.1.1    Contexte historique du génocide de Srebrenica

Dans les années 1945-1946, la Bosnie-Herzégovine devient une république de la Yougoslavie. En 1990, Slobodan Milosevic est élu président de la république de Serbie qui a perdu son qualitatif de socialiste (Matton, 2005, p. 12). Dans une montée du nationalisme, les républiques proclament l’une après l’autre leur indépendance (Radio-Canada, 2002). Ce fut alors l’éclatement de la Yougoslavie qui entrainera des tensions entre les peuples et des guerres dévastatrices dans lesquelles des crimes atroces vont être commis au nom du nettoyage ethnique (Radio-Canada, 2002). Le 25 juin 1991, la Slovénie et la Croatie proclament leur indépendance (Matton, 2005, p. 12). Craignant une trop grande influence de la Serbie au sein de la république de Yougoslavie, la Bosnie-Herzégovine tiendra un référendum sur son indépendance, du 29 février au 1er mars, dans lequel la majorité votera en faveur de la souveraineté. Ce référendum sera boycotté par les Serbes de Bosnie qui proclament l’indépendance de leur république. Le 6 avril 1992, la CE reconnaît l’indépendance de la Bosnie (Matton, 2005, p. 13). Ce n’est pas le cas du président Slobodan Milosevic qui annonce son refus de l’indépendance des autres pays et qui déclare qu’il n’abandonnera pas les minorités serbes de Croatie et de Bosnie qui doivent vivre dans un même État (Matton, 2005, p. 145). Milosevic souhaite reprendre les territoires revendiqués par les nationalistes qui ont été dépouillés de la Serbie. Le désir d’une grande Serbie pour remplacer la Yougoslavie fait alors son chemin chez les nationalistes et la stratégie de l’entreprise criminelle commence (Matton, 2005, p.146). Depuis ce jour, un nettoyage ethnique ravagea de nombreux territoires de Bosnie. Les forces serbes exécutèrent les populations non serbes (Matton, 2005, p. 25). Le 11 juillet 1995, le patron de l’armée des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, traversa la ville de Srebrenica qui avait été désertée (Matton, 2005, p. 42). Srebrenica est une enclave bosniaque complètement isolée dans un territoire de l’Est de la Bosnie contrôlé par les forces serbes. Cette enclave bosniaque, considérée comme une « zone de sécurité » par l’ONU, tomba entre les mains des forces serbes sans que rien n’aille été tenté pour la défendre (Matton, 2005, p. 25). Les Casques bleus battent en retraite; ils n’ont pas tiré un seul coup de feu et le soutien aérien leur a été refusé (Matton, 2005, p. 43). Aucune aide onusienne n’a été envoyée pour aider la population à échapper à leur destruction annoncée ni aucun plan d’évacuation des Bosniaques n’a été mis en place (Matton, 2005, p. 61). Il y a assez d’information aujourd’hui pour affirmer que la prise de Srebrenica était prévisible et que la ville a été volontairement laissée aux forces serbes par les grandes puissances occidentales pour des raisons politiques (L’Obs, 2011). Effectivement, des preuves réelles démontrent la connaissance du conflit par divers gouvernements, soit des conversations de la planification de nettoyage ethnique, des camps de concentration qui ont été vus du ciel dès 1992 et des communications téléphoniques et des fax ont été captées et décodées (Matton, 2005, p. 45). Le mensonge de « on ne savait pas, on ne pouvait pas savoir » ne tiendra plus. Les sanctions imposées par l’ONU à la Serbie prouvent cette connaissance, soit par le fait qu’elle a exclu la Serbie de l’Assemblée générale de l’ONU et qu’elle lui a posé un embargo sur le pétrole (Matton, 2005, p.45). Mais lorsque le président serbe Milosevic deviendra utile aux négociations du traité de paix, tous sembleront oublier (Matton, 2005, p.45). Pour un accord de paix et une redistribution des territoires, les enclaves de l’Est de la Bosnie devaient tomber, car il fallait que Milosevic signe le traité de paix et tout le monde voulait se sortir de cette guerre (Matton, 2005 p. 144). De plus, même lorsqu’elle fera face à des milliers d’hommes en danger, l’ONU sera réticente au déplacement de la population civile, question de ne pas dérober à son mandat de maintien de la paix (Matton 2005, p. 61). Effectivement, l’ONU ne veut pas être responsable de cette évacuation, car vider un territoire de sa population revient à le livrer à leur agresseur (Matton, 2005, p. 62). L’ONU décidera donc de prendre le risque d’être complice d’un génocide au lieu de celui d’être accusée de complicité de nettoyage ethnique (Matton, 2005, p. 62). Juste avant la prise de Srebrenica, quinze mille hommes et jeunes garçons ont fui à travers la forêt en direction de Tuzla. Ils ont décidé de fuir en file indienne pour éviter les mines (L’Obs, 2004). Rien n’aura été entrepris non plus pour venir en aide à ces gens (Matton, 2005, p. 61). Pendant ce temps, le reste de la population, soit 25 000 femmes, enfants, vieillards et un millier d’hommes ont rejoint le QG de l’ONU à Potocari en quête de protection. Seulement cinq mille personnes auront la chance d’entrer dans la base de l’ONU, et les autres, devront camper à l’extérieur dans la panique et le chaos. Les forces serbes profitent de cette occasion pour faire venir 200 véhicules et mettre à exécution leur plan. Les femmes et les enfants seront évacuées vers des zones musulmanes et les hommes seront détenus et exécutés dans les environs de Potocari (L’Obs, 2004).

3.1.2    Chronologie des évènements lors du génocide de Srebrenica

Les autobus arrivèrent vers 11h au QG de l’ONU (L’Obs, 2004). Les femmes et les enfants embarquent dans ces premiers autobus et on y laisse entrer quelques hommes pour masquer l’intention des forces serbes. Pendant la route, les quelques hommes seront expulsés de l’autobus et tués. Le reste des hommes à Potocari seront placés dans un bâtiment d’usine de zinc désaffectée tout proche de la base de l’ONU. Une centaine d’hommes seront tués et le reste sera amené dans des convois (L’Obs, 2004). Les cadavres à proximité de la base onusienne seront vus et photographiés. De plus, les hommes transportés ailleurs, les victimes égorgées aux alentours, les papiers d’identité jetés, la violence, la maltraitance, etc. seront des indices qui ne feront qu’accentuer la conviction chez les Casques bleus que la population sera exécutée. Mais, pour éviter toute altercation avec les forces serbes, le commandant des Casques bleus préfèrera atténuer la gravité des crimes commis (Matton, 2005, p. 57). Pendant ce temps, une partie de la colonne des milliers d’hommes qui avaient fui vers Tuzla se rendit aux forces serbes. Leur fuite aurait pu réussir, car toutes les forces serbes avaient été déployées au sud de l’enclave, là où l’on croyait que les musulmans avaient fui. Quand ils comprirent que la colonne traversait la route qui relie Nova Kasaba à Bratunac, des unités y furent envoyées et seulement la moitié de la colonne composée de militaires put franchir la frontière (L’Obs, 2004). L’autre moitié furent bloqués par les forces serbes qui les trompèrent, car ils étaient coiffés de Casques bleus. Les milliers d’hommes foncèrent alors dans la gueule du loup et furent abattus et attaqués d’obus et de gaz lacrymogènes. Pourtant, la communauté internationale a laissé faire et elle a pris le risque par résignation politique. Seule une puissante volonté politique aurait pu mettre fin aux évènements et on ne peut pas exclure que si le Conseil de sécurité avait dénoncé les atrocités commises, il aurait pu être possible d’arrêter les évènements et de sauver des victimes (Matton, 2005, p. 53-55). Donc, les survivants de l’attaque en forêt seront amenés dans un hangar agricole, dans le village de Kravica, où chaque personne sera exécutée dans ce qu’on pourrait appeler une vraie boucherie qui n’avait pas été planifiée. Les détenus qui avaient été entassés dans les convois à Potocari devaient être transportés à Bratunac, mais les endroits de détention prévus étaient trop petits et on décida de garder les prisonniers à l’intérieur des véhicules dans des conditions horribles. Par la suite, on trouva de nouveaux lieux de détentions, c’est-à-dire quatre écoles de Zvornik, où l’on transféra les musulmans de Srebrenica. Lorsque les fosses communes furent prêtes, on transporta les détenus, soit dans un pré ou près d’un lac et on les exécuta. À la suite de ces exécutions, il resta encore trois mille cinq cents prisonniers, mais pas assez de tueurs (L’Obs, 2011). On envoya donc plus d’hommes et lorsque ces hommes arrivèrent, la tuerie reprit. De mille cinq cents à mille huit cents sont amenés dans la ferme militaire de Branjevo et sont exécutés pendant cinq heures d’affilée. Le dernier massacre aura lieu le même jour dans la maison de culture de Pilica (L’Obs, 2004). C’est ainsi qu’en quatre jours, 7 000 civils musulmans furent exécutés à quelques mètres de la base de l’ONU et sans que rien n’aille été tenté pour sauver la population. Selon la thèse soutenue par la journaliste Sylvie Matton,  le génocide en cours ne pouvait pas être divulgué, afin de ne pas nuire aux négociations avec les génocidaires (Matton, 2005, p. 144). La notion de « zone de sécurité » n’était qu’alors une protection politique face à l’opinion publique, car rien n’a réellement été tenté pour sauver la population de Srebrenica (Matton, 2005, p. 204).

3.2       Aspect psychologique

3.2.1    Conséquences psychologiques sur les femmes victimes de viol et les enfants de viol

Pendant les années de guerre de la Bosnie-Herzégovine, le viol a été utilisé comme arme de guerre : les victimes, femmes et enfants, souffrent toujours mentalement aujourd’hui. L’utilisation du viol est certainement une technique efficace pour blesser un individu sur le long terme, autant physiquement que mentalement. En effet, un viol est un évènement traumatique : « évènement comportant un fort risque de mort ou une menace de mort, des blessures graves, ou une menace à l’intégrité physique ou psychologique » (Benny et al., 2016, p. 192). Les agressions sexuelles font partie du deuxième type d’évènement traumatique le plus courant, après la mort soudaine d’un proche (Benny et al., 2016, p. 192). Certaines étaient même violées avec des objets, comme des fusils ou du verre brisé (Remembering Srebrenica, 2017), pour accentuer la douleur physique. Plus de 100 000 femmes bosniaques ont été violées pendant la guerre par des soldats serbes. Certaines femmes, violées pendant leur adolescence, ont vu leurs sœurs se faire violer en même temps qu’elles. Avoir observé leurs proches dans cette situation accentue leur douleur (Radio-Canada, 2019). Évidemment, voir leurs proches se faire violer a pu causer des traumatismes mentaux, ou même de la détresse psychologique, car être témoin d’un évènement traumatique peut être aussi traumatisant que d’en être directement victime. Vivre des traumatismes de ce genre peut mener à un trouble de stress post-traumatique, caractérisé par des reviviscences, des réminiscences, l’évitement ou l’hyperactivation (Benny et al., 2016, p. 193).

Effectivement, les femmes victimes ont plusieurs séquelles à ce jour. Par exemple, selon les témoignages rapportés, lorsque leur mari ne se rase pas bien ou qu’il sent l’alcool, certaines ont des réminiscences : cela leur rappelle les Serbes poilus et odorants qui les ont violés. Ces souvenirs créent des tensions entre les femmes et leur mari. Également, certaines femmes y pensent constamment, ce qui résulte en hyperactivation : elles font de l’insomnie et ont des cauchemars non seulement sur les viols, mais également sur les meurtres et la torture. Elles évitent : elles n’en parlent pas avec leurs proches, car cela fait remonter la souffrance, leur donnent la migraine. De plus, certains cas sont très lourds. Par exemple, une femme témoigne qu’elle n’est pas sortie de son domicile depuis 18 ans et celle-ci ne veut plus marcher. Le viol lui a donné des troubles psychologiques graves : elle doit prendre dix-huit médicaments quotidiennement. (Radio-Canada, 2019). Un autre exemple : violée devant ses enfants, une femme aurait même préféré se faire tuer, car elle ne sera jamais en paix aujourd’hui. Il est possible que certaines personnes ayant vécu un évènement traumatique considèrent le suicide comme une option, car la présence d’un trouble psychologique, comme le trouble du stress post-traumatique, augmente les risques de faire une tentative du suicide (Benny et al., 2016, p. 196). Comme plusieurs autres femmes bosniaques, cette dame a peur lorsqu’elle croise des Serbes, elle a peur de leur parler (Radio-Canada, 2019). Effectivement, il est fortement possible que les femmes aient maintenant perdu confiance envers les Serbes, et même envers les hommes en général. D’autres troubles psychologiques, comme certains troubles anxieux et certains troubles de la personnalité, peuvent faire en sorte que la confiance envers les autres est très difficile à avoir, voire impossible. Par exemple, l’agoraphobie est une anxiété à l’idée d’être pris dans une situation et d’être incapable de s’y échapper en cas de panique (Benny et al., 2016, p. 168). « Le fait d’être victime d’agressions ou de viols peut précipiter l’agoraphobie » (Benny et al., 2016, p. 172) : cela explique peut-être les comportements d’évitement des femmes bosniaques après avoir été victimes de viols.

Les enfants issus des viols tendent à ne pas être aimés comme les autres enfants : ils rappellent de mauvais souvenirs à leurs mères, frères et sœurs. De plus, beaucoup d’enfants de viols ne connaissent même pas leurs origines parce que personne n’ose leur dire. Lorsque ceux-ci les découvrent par eux-mêmes, ils peuvent vivre un stress et avoir des pulsions autodestructrices. Ce stress peut mener au développement de troubles anxieux ou autres troubles psychologiques, comme les troubles dépressifs. En effet, ces derniers représentent un risque de suicide élevé (Benny et al., 2016, p. 140).  Une naissance de viol est tellement traumatisante qu’il faut une équipe pour préparer psychologiquement la mère et l’enfant et ensuite encadrer l’enfant. Plusieurs enfants de viols ont des problèmes d’identité et des problèmes de comportements lorsqu’ils comprennent leurs origines. Par contre, il est important que les mères confrontent leurs traumatismes en premier, sinon celles-ci risquent de se défouler sur le bébé. Certaines font beaucoup de réminiscence : elles ne sont même pas capables de regarder l’enfant dans les yeux, car cela leur rappelle trop leur violeur. Finalement, plusieurs enfants de viols sont mis dans un orphelinat à cause de l’impossibilité de leur mère de les regarder et de les aimer proprement (Radio-Canada, 2019). De ce fait, beaucoup de ces enfants auront des problèmes d’attachement, auront un faible réseau de soutien, seront socialement isolés : ce sont facteurs prédisposants à la dépression (Benny et al., 2016, p. 153). Pour les aider à se sentir mieux, certaines femmes ont demandé l’aide de psychologues. Depuis cette guerre, le viol est reconnu comme crime contre l’humanité. Cependant, il est rare qu’une victime dénonce son agresseur : celle-ci vit plutôt dans le secret et la honte. Les femmes ont peur du jugement, et c’est pour cela qu’elles ont pris plusieurs années à parler de leur expérience de la guerre et que certaines ne le font toujours pas aujourd’hui (Radio-Canada, 2019). Il n’est pas rare qu’une « étiquette » soit vite déposée sur une personne ayant vécu ce genre d’évènement traumatique et qui souffre d’un trouble psychologique : les femmes pourraient vivre de la stigmatisation, de la discrimination, des préjugés et de la distance sociale (Benny et al., 2016, p. 129).

3.2.2    Trouble du stress post-traumatique

Le trouble du stress post-traumatique survient à la suite de « l’exposition à un facteur de stress traumatique » (Benny et al., 2016, p. 192). Les symptômes du trouble post-traumatique sont, entre autres, l’anxiété, la dépression et la douleur. La détresse est surtout reliée au temps d’exposition et au type de violence de guerre vécu. Selon une collecte de données en Bosnie de l’UNICEF, les filles ont signalé plus de détresse que les garçons (Hasanovic, 2011, p. 54). Effectivement, le trouble touche, en général, presque deux fois plus les femmes que les hommes (Benny et al., 2016, p. 196).  La collecte de données a montré que la sévérité de l’ensemble des symptômes du trouble du stress post-traumatique est bien plus élevée chez les adolescents de Srebrenica (67,8%) que ceux de Semberija (54,4%), une autre région de la Bosnie-Herzégovine ayant été touchée par les impacts de la guerre (Hasanovic, 2011, p. 54). Beaucoup d’adolescents ayant développé le trouble du stress post-traumatique souhaitaient être nés ailleurs qu’en Bosnie-Herzégovine, probablement pour avoir eu la chance de ne pas développer ce trouble psychologique (Hasanovic, 2011, p. 55).

En Bosnie-Herzégovine, le trouble du stress post-traumatique est plus élevé chez les enfants qui ont perdu un parent, mais qui continuent à vivre avec le parent survivant, que chez ceux dans un orphelinat ou ceux qui vivent encore avec leurs deux parents. Ceux vivant avec leurs deux parents sont ceux avec le moins de problèmes psychologiques, tandis que ceux qui ont perdu un parent ont une forte tendance à avoir un trouble du stress post-traumatique, ainsi qu’à faire une dépression. Également, il y a un haut nombre de personnes affectées par le trouble du stress post-traumatique reporté chez les adolescents ayant été expulsés de leur maison, qui ont vu leur maison se faire détruire et qui ont eu des membres de la famille torturés et tués (Hasanovic, 2011, p. 54). Comme dit précédemment, vivre ou être témoin d’évènements traumatiques peut également être traumatisant et mener au développement de ce trouble psychologique (Benny et al., 2016, p. 193). De 25 à 35% des individus ayant vécu un évènement traumatique développeront ce trouble psychologique (Benny et al., 2016, p. 196).

Ensuite, il y a des variables qui ont été découvertes qui peuvent prédisposées au développement du trouble du stress post-traumatique dans ce pays : vivre en milieu rural, être une femme, l’insécurité financière dans la famille, vivre des expériences de froideur et manquer de nourriture pendant la guerre. Dans les milieux ruraux, l’âge et le genre n’influencent pas les risques d’avoir ce trouble, mais dans les milieux urbains, les personnes plus vieilles étaient plus touchées (Hasanovic, 2011, p. 55).

3.2.3    Dépression

La dépression est l’ « état marqué par l’abattement émotif et cognitif ; ensemble de troubles marqués par cet abattement » (Benny et al., 2016, p. 134). Plusieurs situations ont augmenté les risques de faire une dépression avec la guerre en Bosnie-Herzégovine : être expulsé de sa maison, se faire détruire sa maison, être séparé de sa famille pendant plus de trois semaines, manquer d’argent, être pauvre, etc. Comme mentionné plus tôt pour les chocs post-traumatiques, plusieurs personnes ayant eu une dépression souhaitent ne pas être nées en Bosnie-Herzégovine. Un lien a même pu être fait entre l’âge, la fréquence d’exposition aux expériences traumatisantes, le trouble du stress post-traumatique, le manque d’espoir et les pensées suicidaires (Hasanovic, 2011, p. 55-56). En effet, le taux de suicides en Bosnie-Herzégovine augmente drastiquement de 1997 à 2003 : 2 à 3 suicides par jour et jusqu’à 6 tentatives (Dzelilovic, 2006, p. 101).

Encore une fois, les adolescents, surtout les filles, de Srebrenica étaient plus anxieux, dépressifs, parlaient moins de leurs problèmes, avaient plus de problèmes reliés à la pensée et à l’attention. Les adolescents de Srebrenica étaient moins anxieux et dépressifs s’ils continuaient leur éducation avec leurs pairs, mais ceux avec des difficultés d’apprentissage avaient plus de problèmes dépressifs et de douleurs physiques (Hasanovic, 2011, p. 56).

3.2.4    Problèmes de comportements

Les adolescents de Srebrenica avaient plus de problèmes sociaux, problèmes reliés à la pensée, problèmes d’attention et autres problèmes de comportements que les réfugiés. Les personnes avec ces types de problèmes ont plus de probabilités d’utiliser des drogues illicites (Hasanovic, 2011, p. 56).

Du côté des genres, les filles avaient plus de problèmes reliés à la pensée, tandis que les garçons avaient plus de problèmes d’agressivité. Du côté des âges, les plus vieux avaient plus de problèmes à l’école que les plus jeunes, mais pas plus de problèmes d’attention et d’agressivité (Hasanovic, 2011, p. 56).

Les personnes ayant perdu leur père avaient plus de problèmes d’attention et utilisaient plus de drogues, de cigarettes et d’alcool que les autres. Aussi, les personnes ayant développé le trouble du stress post-traumatique avaient plus de problèmes reliés à la pensée, mais moins de problèmes d’agressivité (Hasanovic, 2011, p. 56).

3.2.5    Conséquences psychologiques de la torture

Pendant la guerre en Bosnie-Herzégovine, la torture de masse a été utilisée comme arme de guerre pour les génocides d’ethnies ciblées. La torture était préparée : elle se faisait dans des maisons ou des camps, et les mêmes méthodes de torture étaient utilisées dans les villes et les villages. Dans les documents trouvés, il est indiqué y avoir eu 32 types de mutilation et 17 types de meurtres. Il y a eu environ 195 000 survivants. Le plus grand nombre de victimes sont Bosniaques, car 85% des prisonniers de camps étaient Bosniaques (Powell, 2000, p. 110).

Le but premier de la torture est de détruire une personne pour la marquer négativement. Il y a de nombreux effets psychologiques de la torture. En premier lieu, il y a le manque d’estime de soi, le sentiment de culpabilité et de honte ainsi que la perte de respect pour soi-même. En second lieu, on y trouve la perte de concentration, les cauchemars et les problèmes de mémoire. En troisième lieu, il y a les troubles anxieux et les troubles dépressifs. En dernier lieu, il y a le trouble du stress post-traumatique qui peut être suivi de changements de personnalité (Powell, 2000, p. 111).

3.2.6    Deuil collectif de la population de Srebrenica

Le deuil fait partie intégrale de la société de la Bosnie-Herzégovine en reconstruction. Cette réaction et ce sentiment de tristesse profonde à la suite de la perte d’un proche provoquent chez les personnes touchées une souffrance majeure, qui peut déboucher sur un épisode dépressif majeur. Ce processus de tristesse et de colère est enclenché très rapidement après cette perte et peut être très persistant (Benny et al., 2016, p. 137). Certains auront davantage de difficulté à passer au travers que d’autres. Le génocide de Srebrenica engendra un énorme deuil au sein de la communauté de la Bosnie. En effet, l’homme étant la principale victime de cette tuerie, des femmes perdirent leur mari, leur père, leurs fils, leurs amis et leurs proches. Des enfants grandissent maintenant sans père, sans grand-père et sans frère.  Les familles des victimes sont bouleversées par ce terrible événement, et ce, encore aujourd’hui. Par contre, le deuil des familles des victimes est d’autant plus difficile lorsqu’ils n’ont pas eu la chance de retrouver le corps de leurs proches. Effectivement, 8000 personnes sont toujours manquantes et recherchées partout à travers le pays (Nezic, 2017). De plus, dans une entrevue de Mersiha Nezic pour le journal Libération,  Ramiz Nukik, un jeune local de Srebrenica ayant vécu le génocide explique  clairement qu’il fut apaisé lorsqu’il retrouva les ossements de ses proches, et ce, même si ceux-ci étaient incomplets. (Nezic, 2017) Bien qu’il soit encore en deuil de cette immense perte, retrouver des corps enfouis dans d’immenses fosses communes et pouvoir identifier certaines des victimes peut grandement aider au processus de deuil des familles. En effet, bien que ladite personne ne soit plus de ce monde, retrouver Sa dépouille peut permettre à la personne en deuil d’évoluer dans le processus de souffrance. Cette découverte peut permettre aux proches de mettre en place un rituel funèbre afin d’honorer cet être cher ou alors, retrouver le corps peut répondre à d’innombrables questions personnelles avec lesquelles la personne a pu submerger son esprit. Cela lui permet alors d’avoir davantage le cœur net et l’esprit tranquille.  En outre, l’immense désir de retrouver les dépouilles de leurs proches a poussé certaines femmes à créer l’Association des Mères de Srebrenica. Ce groupe a comme principal objectif de retrouver l’emplacement des fosses communes où se retrouveraient plusieurs corps déposés lors du génocide. La découverte de ces lieux serait bénéfique à l’identification des corps (Nezic, 2017). Un marché noir de renseignements s’est d’ailleurs installé en Bosnie où tout Serbe connaissant l’emplacement de certaines fosses pourraient être payés s’ils révélaient ces lieux tant recherchés. Il est alors pertinent de constater à quel point la population en deuil était prête à tout afin de retrouver leurs proches disparus. Ce marché noir de renseignements est sans aucun doute un exemple concret d’où peut mener la souffrance humaine et la quête de vérité.

Chaque année le 11 juillet, des commémorations ont lieu afin de se rappeler les nombreuses victimes du génocide de Srebrenica. Ce grand évènement rassemble les proches des victimes encore en deuil, les locaux et la communauté internationale. Malgré le fait qu’il est malheureusement impossible de retourner dans le passé et d’effacer toutes les atrocités vécues, ces commémorations sont un moyen libérateur pour les gens affectés indirectement par le génocide de prier pour leurs êtres chers.  Cet événement porte le nom de Mémorial de Potocari. (LePoint, 2017) Ces rassemblements provoquent encore aujourd’hui certaines tensions dans la communauté de la Bosnie-Herzégovine. Certains groupes utilisent cette date commémorative afin de provoquer des mouvements sociaux et de créer d’immenses banderoles avec des slogans attaquant soit les Serbes ou les Bosniaques. Évidemment, bien que la guerre soit finie, les idéologies politiques et les mouvements de pensées eux, n’ont pas fini de persister. Un sentiment de colère, d’injustice ou d’incompréhension persiste encore dans la collectivité de l’État et bien souvent, le vandalisme et les rassemblements sont des moyens utilisés afin d’exprimer ces points de vue.  Cette date est encore aujourd’hui bien significative en Bosnie. La paix et le deuil collectif sont loin d’être faits (LePoint, 2017).

3.3       Aspect sociologique

3.3.1    Problème d’intégration sociale

Les gens ayant vécu indirectement ou directement le génocide de Srebrenica seront fortement à risque de développer des troubles d’intégration dans la société. Ayant vécu des choses horribles, la dépression, les chocs post-traumatiques et divers troubles peuvent rendre un individu inapte à fonctionner « normalement » en contexte social le forçant ainsi à avoir recours à de l’aide extérieure constante. Sans cette aide extérieure, certains peuvent, par exemple, se retrouver à la rue en raison à une incapacité d’exercer un emploi n’apportant alors aucun revenu. Comme dit précédemment, la torture de masse a été grandement utilisée en Bosnie-Herzégovine, surtout dans le génocide. Une torture de masse est un moyen utilisé afin de mettre fin à la vie d’une quantité importante d’individus, et ce, de manière extrêmement barbare. Il y a plusieurs conséquences sociales de la torture, principalement causées par les impacts psychologiques de celle-ci. D’abord, il y a le sentiment d’insécurité ainsi que des problèmes avec la famille, le mari et les enfants. Aussi, il est souvent difficile de travailler (Powell, 2000, p. 111). Dans une recherche du Centre of Victim Torture sur 179 sujets, les résultats révèlent que 60,3% d’entre eux ont un statut économique très faible comparativement à 1,8% avant la guerre et 31,9% en situation de pauvreté. De plus, 48,5% ont des problèmes familiaux et 23,7% ont de gros problèmes en lien avec leur famille et leur mariage. Aussi, 64% ont vu leur capacité à travailler diminuer. Le taux de chômage est passé de 7,1% à 46,7% chez ceux ayant vécu de la torture. Finalement, 92% des sujets sont malades au point d’être dépendant de ressources humaines et matérielles pour vivre (Powell, 2000, p. 112).

  1. CONCLUSION

En conclusion, les impacts du génocide de Srebrenica sur les survivants et survivantes ont été analysés selon les dimensions historiques, psychologiques et sociologiques. Plusieurs impacts à long terme ont pu être découverts, comme le développement de trouble du stress post-traumatique et de dépression ainsi que les conséquences sociodémographiques du drame sur la population.

Pour ce qui est des questions toujours en suspens au terme de cette recherche, quelques-unes ont su attirer l’attention de l’équipe durant la rédaction de l’analyse. « L’ONU aurait-elle dû intervenir davantage dans ce conflit ethnique? », « Comment la communauté serbe a-t-elle réagi face au génocide? », « Qu’est-ce qui l’a poussé à commettre cette tuerie? », « Comment l’identité des Bosniaques a-t-elle changé après le génocide? », « Y a-t-il encore des tensions entre les différentes communautés de la Bosnie? » sont des questions qui sont survenues pendant la recherche. Bien sûr, il n’a pas été possible dans ce cadre de répondre à chacune d’elle, mais l’équipe les formule comme pistes de recherches additionnelles pour d’éventuelles recherches visant à approfondir ce sujet. Il pourrait aussi être intéressant d’étudier la population de la Bosnie avant et après le génocide et d’évaluer les changements radicaux que celui-ci a engendrés. Bref, comme novel-objectif, il serait pertinent de répondre à ces sous-questions grâce aux recherches similaires des autres coéquipières du groupe ou alors grâce à l’exploration sur le terrain.

Bien que la ville de Srebrenica ne soit pas une destination faisant partie du voyage, elle serait évidemment un lieu clé quant au projet afin de pouvoir visiter la ville dans laquelle ce drame s’est produit. Toutefois, certains lieux à Sarajevo sont bien en lien avec la question principale de notre recherche. En effet, il serait bien pertinent de pouvoir visiter le cimetière de Kovaci afin de se commémorer les victimes du génocide et de voir de nos propres yeux à quel point ils étaient nombreux. De plus, le musée du tunnel de Sarajevo est sans aucun doute une destination importante quant à la compréhension de la misère vécue par la population locale durant la guerre. Aussi, il pourrait être pertinent de visiter une mosquée comme celle de Gazi Husrevbegova afin de pénétrer dans l’univers culte des Bosniaques, principales victimes de ce génocide.

Bibliographie

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