Le siège de Sarajevo qui s’est déroulé du 5 avril 1992 au 14 décembre 1995 a laissé beaucoup de traces de toutes sortes dans la ville. L’une d’entre elles se traduit par des marques rouges de différentes formes à quelques endroits sur les chaussées et les trottoirs qui évoquent des pétales de fleurs, plus particulièrement nommées les « roses de Sarajevo ». Puisque nous aurons la chance de contempler ces roses au cours de notre expérience sur le terrain, il est pertinent de connaître leur signification et leur origine. 

 

Celles-ci proviennent des cicatrices laissées au sol par les explosions des projectiles. En effet, ces obus s’apparentant aux grenades contenaient des explosifs qui sont tombés au sol en fragmentations, ce qui a marqué le béton de cratères de dimensions variables, mais très intéressants à l’œil. En effet, la ville est parsemée d’environ 200 roses dans les rues, aussi impressionnantes les unes des autres. La plupart d’entre elles représentent aussi les endroits où au moins trois personnes sont décédées à cause de cette même guerre, ce sont donc des traces très significatives et puissantes pour toute la population qui restera marquée par cela.

 

En 1996, après cet événement, des habitants ont pris l’initiative de remplir ces empreintes de résine rouge, comme la couleur du sang pour se remémorer ces souvenirs. Avec le temps, quelques roses se sont effacées en raison des travaux de réparation et d’entretien des rues, des passages des véhicules et des nombreux pas des habitants et c’est pour cette raison que, depuis 2008, quelques-unes de ces œuvres restantes sont protégées par un plan de préservation. Cette solution consiste en l’installation de plaques commémoratives du même format, par la municipalité, qui portent le symbole de la Bosnie médiévale. L’une des roses située au marché de Markale, où s’est déroulé le premier massacre de Markale, est couverte de verre. Par contre, plusieurs trouvent que cette installation n’est pas pratique, donc un nouveau projet est mis en place pour que cette rose soit protégée par un cône mesurant 3,2 mètres de haut vêtu d’une simple lumière à son sommet.